Louis L. Roquet exhorte les entrepreneurs à commencer à préparer leur relève.
(Photo: Martin Alarie)
L’avenir économique du Québec se jouera d’ici les 10 prochaines années
Près de 70 % des entrepreneurs n’ont aucun plan de relève
Le transfert d’entreprise est un thème récurrent aux dîners-causeries de la Chambre de commerce et d’industrie.
Le mois dernier, le président et chef de l’exploitation de Desjardins Capital de risque est venu sonner l’alarme. Neuf mois plus tôt, un vice-président de la Banque Nationale faisait de même à la même tribune. «De 60 % à 70 % des entrepreneurs n’ont pas de plan de relève», déplore Louis L. Roquet qui, dans le même souffle, rappelle que plus d’une entreprise sur deux changera de mains au cours des 10 prochaines années.
Danger
Charriant à peine, le grand financier résume grossièrement: un entrepreneur passe 80 000 heures de sa vie à construire son entreprise, 400 heures à la planification fiscale et 6 heures à la préparation de sa relève.
C’est pourtant un secret de Polichinelle que les successions qui réussissent le mieux sont très bien préparées et qu’il faut prévoir de 3 à 5 ans pour s’assurer d’une passation harmonieuse des pouvoirs.
Selon M. Roquet, le meilleur moyen de redonner un peu à la société ce qu’on en a retiré c’est non seulement d’assurer la pérennité de son entreprise, mais de faire en sorte que le transfert se fasse à des intérêts québécois. «Autrement, on garde les emplois, mais on perd le pouvoir», mettant le doigt sur le bobo.
L’enjeu économique est fondamental, reprend-il en pensant à tous ces bureaux de services professionnels et autres fournisseurs qui dépendent de ces entreprises enracinées au Québec. L’effet domino créé par le départ d’un siège social fait beaucoup de dommage, considérant que l’attribution des contrats favorise règle générale des sous-traitants qui sont situés jamais très loin du centre administratif.
M. Roquet est d’avis qu’en planifiant sa relève, un entrepreneur peut obtenir autant pour son entreprise qu’il en obtiendrait s’il la vendait à des intérêts étrangers.
Enfin, si le président et chef de l’exploitation de Desjardins Capital de risque reconnaît en les Québécois des entrepreneurs créatifs, audacieux et persévérants, il leur reproche de procrastiner quand vient le temps de planifier leur succession, comme si le simple fait de préparer sa relève précipitait la retraite.
(Photo: Martin Alarie)