Gilles Vaillancourt
(Photo: Martin Alarie)
VISION 2007
Ce ne sont pas les projets qui manquent pour 2007
Le maire fait le point sur les principaux enjeux socio-économiques
En 2007, Québec inaugurera les trois nouvelles stations de métro aménagées au coût de 800 M$ et paraphera un premier partenariat public privé qui marquera le début d’un chantier de 400 M$ à la faveur d’un pont dans l’Est.
Voilà qui changera le visage urbain de Laval et qui donnera le ton au cours des prochaines années à un développement accéléré d’une ville en pleine transformation.
«Le métro créera de nouvelles perspectives de croissance, encouragera l’utilisation du transport en commun consolidera le tissu urbain et donnera à notre municipalité une infrastructure moderne, écologique, durable et efficace», déclarait d’entrée de jeu le maire Gilles Vaillancourt lors de la présentation du budget, le mois dernier.
Cité du savoir
L’arrivée du train électrique souterrain aura un effet structurant sur le développement local qui verra naître autant de pôles majeurs d’activités tout autour des trois édicules.
À commencer par la Cité du savoir et le quartier latin qui écloront au pourtour de la station terminale Montmorency avec des investissements à terme évalués à 1,6 milliard de dollars. Le maire de Laval prévoit d’ailleurs pour le printemps la mise en chantier du campus de l’université de Montréal avec la construction d’un premier pavillon en vue d’une inauguration pour la session d’hiver 2008. Parallèlement, la Cité Chorale de Grégory Charles sortira de terre dans les prochains mois pour s’élever sur quatre niveaux à la faveur notamment d’une salle de spectacle d’une capacité de 1200 personnes. «Le chantier culturel le plus important en 2007», signifie M. Vaillancourt.
Quartier latin
Des investissements majeurs qui viendront ainsi consolider la vocation éducationnelle et culturelle de ce secteur dominé par le cégep, l’école secondaire Letendre, la Salle André-Mathieu et la Maison des arts de Laval. Si la table est mise pour l’émergence d’un véritable quartier latin dans le quadrilatère le plus chaud de l’île Jésus, M. Vaillancourt refuse toutefois de précipiter les choses, précisant que la patience est de mise. «On ne veut pas aller trop vite», dit-il, car «à pousser trop le marché, on n’obtient pas toujours le produit qu’on mérite».
Concorde
L’arrivée du métro refaçonnera également le visage urbain aux alentours de la station intermodale Concorde. Le premier citoyen signale à cet effet que son administration est à plancher sur une nouvelle réglementation urbanistique qui priorisera un zonage résidentiel. «La bonne nouvelle, c’est qu’un certain nombre d’industriels de la Montée du Moulin dans Laval-des-Rapides ont déjà acheté des terrains pour transférer leurs activités». Les spécialistes de la distribution des matériaux de construction Carrière Lefebvre et Marcel Benoît quitteront le quartier pour s’installer dans le parc autoroutier de la 25, alors que l’entreprise LPM des frères Lacombe, spécialisée dans la transformation du bois, pliera également bagage.
«Le boulevard de la Concorde va devenir le corridor le plus important du transport en commun, la colonne vertébrale de toute la STL», ajoute le maire en insistant sur les 1500 cases de stationnement incitatif à la station Montmorency et les 14 circuits d’autobus qui s’y rabattront. Sans oublier le train de banlieue de la ligne Montréal-Blainville-St-Jérôme qui s’arrêtera à la station intermodale Concorde.
Cité de la biotech
À moins d’un kilomètre de là, la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du grand Montréal poursuivra son développement en 2007. De fait, l’INRS-Institut-Armand-Frappier compléterait ses travaux évalués à 45 M$ à la faveur de l’agrandissement du Centre national de biologie expérimentale et de la construction d’un nouveau pavillon qui accueillera les laboratoires de l’Agence antidopage. «L’institution va sans doute annoncer bientôt d’autres investissements d’importance», explique le maire, se gardant bien de vendre la mèche quant à la nature du projet en gestation. Selon toute vraisemblance, le projet structurant émanerait d’une entente de coopération intervenue en 2006 avec l’Universtié de Technologie de Compiègne, le centre de recherche en nanobiotechnologie le plus réputé de l’Union européenne. Il s’agit de la science de l’infiniment petit unissant des chercheurs de haut niveau en biologie et en physique dont les applications médicales sont innombrables. Université de recherche et de formation de 2e et de 3e cycle, l’Institut national de la recherche scientifique met à contribution deux de ces quatre centres de recherche, à savoir l’INRS-Institut-Armand-Frappier spécialisé dans le domaine de la santé humaine et l’INRS-ÉMT qui cible l’énergie, les matériaux de pointe, les télécommunications, les nanosciences, les nanotechnologies et la photonique.
Centre de foires et hippodrome
Par ailleurs, Gilles Vaillancourt espère que «cette année soit la bonne» quant à la réalisation du Centre d’expositions à vocation horticole, une infrastructure suprarégionale évaluée au coût de 60 M$ dont rêve Laval depuis plusieurs années. Il n’a pas jeté l’éponge dans ce dossier, pas plus qu’il ne l’a fait dans le cas du métro et du parachèvement de l’autoroute 25, fait-il valoir avec beaucoup d’optimisme.
Et pour l’hippodrome? «Nous n’avons toujours pas de proposition définitive», dit-il prudemment. Deux jours avant l’entrevue, le Courrier publiait que le promoteur avait retenu deux sites potentiels situés au cœur de la zone agricole permanente, ce qui nécessiterait éventuellement le dézonage d’une superficie de plusieurs millions de pieds carrés. Vu les circonstances, la Ville est-elle toujours intéressée à accueillir le projet du sénateur libéral Paul J. Massicotte qu’on estime à 75 M$? «La Ville est intéressée à regarder toute proposition de développement qui pourrait lui être profitable…», se borne à dire M. Vaillancourt.
Mondial Choral
Grégory Charles et son équipe prévoient tenir le Mondial Choral sur un mois l’été prochain, alors que l’événement se déroule sur une dizaine de jours depuis sa création, il y a deux ans. Cet happening combien festif élève Laval au rang du plus grand rassemblement de chœurs et d’ensembles vocaux de toute l’Amérique, soutient le maire Vaillancourt. Toujours dans le rayon culturel et récréotouristique, il rappelle la présentation à guichets fermés des 91 spectacles de Cavalia qui ont attiré 175 000 spectateurs en 2006. «C’est ici que Cavalia a réalisé ses meilleures recettes aux guichets», lance-t-il fièrement, réaffirmant que Laval demeure plus que jamais un centre d’attraction. «Fort des succès du Mondial Choral, Cavalia et de Simple Plan, on pense que ce n’est qu’une question de temps avant que d’autres spectacles à grand déploiement ne débarquent chez-nous», termine M. Vaillancourt.
(Photo: Martin Alarie)