Pierre Bélanger
(Photo: Martin Alarie)
Lyon Biopôle récupère Pierre Bélanger
Le cluster français le nomme directeur du développement international
Pierre Bélanger ne sera pas resté agent libre bien longtemps: Lyon Biopôle vient d’en faire son nouveau directeur au développement international.
Moins d’un mois après avoir laissé la présidence et direction générale de la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du grand Montréal, M. Bélanger a accepté de remettre le pied à l’étrier. Il remontera officiellement en selle le 5 février prochain.
«C’est un défi très important qui s’offre à moi, a-t-il déclaré au Courrier Laval, jeudi soir dernier. La région Rhône-Alpes compte beaucoup sur le pôle de compétitivité Lyon Biopôle pour assurer son développement et sortir de l’ombre parisienne».
Puissant cluster
Pierre Bélanger prend en mains une solide grappe industrielle. À preuve, la région rhônalpine dont Lyon est la capitale dispose d’une masse critique de 100 000 emplois, 29 000 chercheurs dans 650 laboratoires et 600 entreprises liées aux sciences du vivant.
Constitué à l’été 2005, ce cluster de renommée mondiale exerce notamment son leadership en matière de diagnostic, de vaccin, d’infectiologie et des nanotechnologies.
Affiliation
La direction du biopôle lyonnais avait Pierre Bélanger dans le collimateur depuis longtemps. Après avoir mordu la poussière une première fois en 2005, elle est revenue à la charge en début d’année, sachant cette fois que le président fondateur de la Cité de la biotech était un homme libre.
«Un de mes mandats sera la mise sur pied d’un réseau affilié de clusters spécialisés dans les sciences de la vie, question de créer une force d’attraction encore plus grande et d’être davantage compétitif à l'échelle mondiale », avance M. Bélanger. Dans cette foulée, il ambitionne regrouper les pôles de Lyon-Grenoble, Turin, Genève, Barcelone, Heidelberg et Munich, possédant chacun des compétences dans des domaines complémentaires. Ses précieux contacts qu’il entretient depuis bientôt vingt ans à l’international font d’ailleurs de lui l’homme de la situation. De fait, Pierre Bélanger connaît bien les dirigeants de trois de ces grappes pour avoir conclu dans un passé récent des alliances stratégiques impliquant la Cité de la biotech et les pôles espagnol et allemands.
Lyon-Laval
Dans ses nouvelles fonctions, l’ex-directeur général de Laval Technopole aura également à parcourir l’Amérique du Nord dans le but d’y établir des partenariats d’affaires, mais aussi d’attirer de nouvelles entreprises dans le Bioparc de Lyon.
«Il est clair qu’il y aura des maillages possibles avec les entreprises lavalloises; les forces de la Cité de la biotech restent dans ma ligne de mire», mentionne au passage Pierre Bélanger qui a notamment passé les 14 dernières années de sa vie professionnelle à développer l’industrie de la biotechnologie à Laval et en mousser la promotion.
À propos, il signale que le pôle de nanotechnologie grenoblois MINATEC et l’INRS-Armand-Frappier sont déjà liés par des projets de recherche. Un partenariat qui pourrait bien prendre de l’ampleur avant longtemps, considérant le virage que s’apprête à amorcer la Cité de la biotechnologie à la faveur de cet univers de l'infiniment petit qui repose sur la manipulation de la matière à l'échelle atomique et moléculaire.
Mais les liens entre les deux régions remontent encore plus loin. «Drs Armand Frappier et Charles Mérieux étaient des confrères; ils oeuvraient dans le même secteur d’activité», ajoute M. Bélanger, rappelant que quelques mois avant son décès, Dr Mérieux avait été l’invité d’honneur à la Fête champêtre de la Fondation Armand-Frappier.
Sur le site de biopôle français, on peut lire que Lyon est un berceau historique de la biologie avec l’institut Mérieux. «Aujourd’hui, Lyon est le premier centre mondial de production de produits biologiques (vaccins et produits de diagnostic) avec les principaux industriels du secteur : Merial, Sanofi Pasteur, Biomérieux.»
Retour aux sources
Son embauche par Lyon Biopôle marque un retour aux sources pour Pierre Bélanger qui a vécu quatre années en France à la fin des années 80 et au début des années 90. À cette époque, il était conseiller à l'investissement auprès de l'Ambassade du Canada.
Toutefois, contrairement à ces années passées à Paris, M. Bélanger se partagera cette fois-ci entre la France et le Québec. «Comme la famille ne suit pas, je vais revenir passer une semaine tous les mois…».
(Photo: Martin Alarie)