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Irritation chez les promoteurs

Ils réclament des règles du jeu claires pour les milieux humides

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 4 février 2007 à 12:46
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Irritation chez les promoteurs
Ils réclament des règles du jeu claires pour les milieux humides
Pas assez mordant, trop flou. Les critiques à l'endroit du cadre de référence actuel, en matière de milieux humides, attire les foudres des environnementalistes, mais aussi des entrepreneurs en construction, qui ne sont guère impressionnés par les récents efforts de Québec pour clarifier les choses.
«On veut des règles précises», déplore Serge Crochetière, avocat spécialisé en droit de la construction et de l’immobilier, et représentant de l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec dans le dossier des milieux humides.

«Aucune règlementation n’encadre [le processus de] demande pour obtenir un certificat d’autorisation [du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, MDDEP].» L’avocat évoque le cas de nombreux constructeurs qui ont déjà dépensé 50 000$, 100 000$, voire 150 000$ pour fournir les renseignements au ministère, après 18 mois d’attente et sans résultats.
Pas plus clair
Les nouvelles directives du ministère ne clarifient en rien la démarche et n’offrent pas un cadre de référence sur lequel se guider, selon Serge Crochetière. La démarche proposée est abstraite. «C'est clair pour un biologiste», mais cela ne l'est pas forcément pour un constructeur, fait-il valoir, tout en admettant que «certains dossiers ont été réglés», depuis l'arrivée des nouvelles directives.
«Nous sommes assujettis à l’arbitraire tout le temps, sur le type et la quantité de renseignements requis, et ça varie d’une région à l’autre. On n’est pourtant pas dans une république de bananes!»

«À Laval, au moins, on a répertorié les milieux humides, concède M. Crochetière. Mais chaque municipalité n’a pas les mêmes exigences et la même approche.»
Une définition svp
L’expression «milieu humide» fait par ailleurs sourciller, dans le milieu de la construction. Elle ne se trouve nulle part dans le texte de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQR), souligne M. Crochetière. «On ne parle pas de milieux humides, mais de marais, de marécages, de tourbières, de lacs... Un marais ou un marécage, c’est facile à reconnaître. Mais un milieu humide, qu’est-ce que c’est?»
L'avocat note qu'une grande partie des cas litigieux dont il a eu connaissance se rapportent à des «milieux humides» créés par des activités de construction pour lesquels un permis a déjà été accordé par Québec pour l'installation d'égouts et d'aqueduc. «On part d'un terrain qui n'avait pas de milieux humides, où on se retrouve avec des trous d'eau. On ne peut pas demander à tous les constructeurs de drainer au fur et à mesure, ça coûterait des millions à l'échelle de la province!»

La définition d'un milieu humide varie d’un spécialiste à un autre, estime par ailleurs l’avocat, qui a déjà vu la superficie d’un même milieu varier de 10 000 p2, selon les analyses de deux biologistes. «Introduisez la notion de compensation là-dedans et on parle de beaucoup d’argent qui est en jeu!»
Serge Crochetière, avocat spécialisé en droit de la construction

L'ensemble de notre dossier sur les milieux humides, qui se poursuivra dimanche, est disponible en ligne: www.courrierlaval.com

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