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La valeur des milieux humides sous la loupe

L'approche de Laval remise en question

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 5 février 2007 à 10:55
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La valeur des milieux humides sous la loupe
À Duvernay, tout près du projet de condos de luxe Les Verrières Val-des-Arbres, boulevard Notre-Dame de Fatima. Un des 76 milieux humides altérés ou disparus depuis 2004, selon le CRE Laval. (Photo: Martin Alarie)
La valeur des milieux humides sous la loupe
L'approche de Laval remise en question
Laval a sous-évalué l'importance de 54 milieux humides sur son territoire et a été renvoyée à sa table à dessin par le ministère de l'Environnement en 2005.
Depuis, de nombreuses discussions ont eu lieu entre le ministère et la municipalité. Et pour cause: la grille d’évaluation de référence pour les milieux humides lavallois, établie par Municonsult en 2004, a été entièrement remise en question dans un document de travail du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), dont le Courrier Laval a obtenu copie.

Présentés à Ville de Laval le 24 mai 2005, les commentaires critiques du ministère n’épargnent aucun élément de l’analyse de la firme de consultants, qui conclut que seuls trois milieux humides sur 339 en zone urbaine méritent l’indice de qualité «très élevé».

À l’aide des critères du MDDEP, 35 sites obtiennent cette note. Alors que Municonsult accorde la cote «élevé» à 31 milieux, le ministère l’accole à 53 d’entre eux. En termes de superficie, 60% des 193 ha de milieux humides en zone blanche devraient obtenir l’une ou l’autre de cette note, estime le ministère. Municonsult ne la concède qu’à 28%.
Une note cruciale
Tout l’exercice de classification des milieux humides peut sembler anodin, mais les implications sont cruciales. Dans son projet de politique de protection et de mise en valeur des milieux humides, Laval proposait, au moment de la rédaction du document de travail, «une stratégie de conservation et de compensation selon la valeur écologique des milieux naturels, peut-on y lire.

«Elle priorise (sic) la conservation des milieux humides d’intérêt écologique très élevé et des milieux riverains. La Ville propose la compensation totale des milieux d’intérêt écologique élevé ou connectés à un cours d’eau.» Le mécanisme de «compensation totale» n’est pas précisé.

Le reste des milieux humides, ceux qui n’auront obtenu que la mention «moyen» ou «faible», et qui ne sont pas connectés à un cours d’eau, auraient droit à moins d’égards. Les promoteurs pourraient les éliminer moyennant une compensation monétaire, en terrain, ou en lui substituant un autre type de milieu naturel. Dans l’ensemble, Laval assure que les milieux humides ne subiront, au bout du compte, «aucune perte nette».

«En clair, c’est plus de 90% des milieux humides qui peuvent faire l’objet de compensations», commente Guy Garand, directeur du Conseil régional de l’environnement (CRE) Laval, un organisme qui a également émis, en 2004, des commentaires critiques sur l’approche de Municonsult.

Or, le MDDEP met la Ville en garde: «il faut être extrêmement prudent dans l’application du principe d’aucune perte nette et des mesures de compensation qui s’en suivent. Il sera toujours préférable de conserver les milieux humides existants et de préserver leurs fonctions écologiques, que d’en recréer de nouveaux.»
Pas mauvais élève
Malgré l’aspect critique des commentaires émis, on n’estime pas, au ministère, que Laval soit un mauvais élève quant à la gestion de ses milieux humides.
À l’hôtel de Ville, on a pris acte des critiques du MDDEP. «Nous travaillons de concert avec le ministère et nous sommes actuellement en discussion avec le MDDEP afin de trouver un terrain d’entente sur ce dossier», se limite-t-on à dire. La future politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels d'intérêt reflètera ces discussions, ajoute-t-on.
Il sera toujours préférable de conserver les milieux humides existants et de préserver leurs fonctions écologiques, que d’en recréer de nouveaux.
Deux grilles, deux résultats
Milieux humides à Laval:

704 ha au total, 193 ha en zone urbaine

Superficie de Laval: 25 034 ha

Évaluation de Laval

3 milieux de qualité «très élevé», soit 13 ha

(1,8% de la superficie des mh; 0,05% du territoire de Laval)

31 milieux de qualité «élevé», soit 78 ha

(11,1% de la superficie des mh; 0,3% du territoire de Laval)

Évaluation du MDDEP

35 milieux de qualité «très élevé», soit 108,78 ha

(15,5% de la superficie des mh; 0,4% du territoire de Laval)

53 milieux de qualité «élevé», soit 83,80 ha

(11,9% de la superficie des mh; 0,3% du territoire de Laval)

Sources: Municonsult (2004) et Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP, 2005)

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