Le logement, est-ce un mot tabou? demande Olivier Loyer, coordonnateur de la Fédération lavalloise des OSBL d'habitation incorporée.
(Photo: Martin Alarie)
Et le logement?
La question du logement social exclue de la campagne, selon les intervenants du milieu
>Ne perdez pas votre temps à chercher le mot logement dans les plateformes des partis, lance le coordonnateur de la Fédération lavalloise des OSBL d'habitation (FLOH). Seuls les Solidaires s'en préoccupent, déplore-t-il.
Les listes d'attente pour le logement abordable sont pourtant bien garnies et les nouvelles unités sont créées au compte-gouttes. Comme à chaque année, l'angoisse point à l'horizon pour les coopératives et les organismes sans but lucratif qui se chargent du développement de logement communautaire: l'argent sera-t-il au rendez-vous?
Financement précaire
Le programme AccèsLogis Québec, qui vise les ménages à revenu faible ou modeste et les clientèles en difficulté, est un pilier en matière d'aide financière à ces organismes, mais a un statut précaire. «C'est une faiblesse du programme: il n'y a pas d'engagement à long terme. On voudrait qu'il y ait une récurrence de programme pour le développement de logement communautaire, et qu'il y ait une annonce à long terme pour le nombre d'unités à développer», explique Olivier Loyer.
Les demandes
La FLOH, de concert avec ses partenaires de la Table de concertation lavalloise en matière de logement, résume ses demandes aux candidats de la campagne électorale.
Outre l'augmentation du financement de la FLOH, qui obtient 12 500$ actuellement, il faut maintenir le programme AccèsLogis et fournir une prévision sur cinq ans du plan de développement de nouvelles unités au niveau de la province, réclame-t-on.
Ce programme mériterait toutefois d'être amélioré. Par exemple, une subvention du Programme de Supplément au loyer (PSL) est assortie de 20 à 25% des unités réalisées grâce à AccèsLogis. Cette aide financière permet aux locataires d'accorder un maximum de 25% de leur revenu au loyer. Pourquoi ne pas viser un minimum de 50% des unités admissibles au PSL? demande Olivier Loyer.
Par ailleurs, les coûts de construction reconnus par la Société d'habitation du Québec (SHQ) qui administre et finance en partie AccèsLogis ne sont revus que sporadiquement. «Il serait intéressant d'avoir une révision annuelle», avance M. Loyer, en soulignant que le coût des matériaux de construction et de leur transport ont suivi la même courbe que le prix du pétrole, au cours des dernières années.
Par ailleurs, la FLOH réclame la reconnaissance de l'importance du soutien communautaire aux locataires et un financement annuel de 12 M$. L'idée de fournir des services et de l'encadrement sur place aux locataires est à l'origine une approche développée à Montréal, auprès d'une clientèle susceptible de tomber dans l'itinérance.
Mais la formule peut tout aussi bien accommoder la clientèle des personnes âgées et handicapées, entre autres. «Souvent, les personnes âgées ont peu de relations avec la famille ou des amis. Pour installer un climatiseur, il faut attendre le beau-frère, le beau-fils. En ayant quelqu'un sur place qui peut faire des menues tâches, ça facilite les choses», illustre M. Loyer.
Les représentants de l'habitation, de la SHQ et du ministère de la Santé et des Services Sociaux ont négocié un cadre de référence sur le soutien communautaire, l'automne dernier. Aucune entente n'a été ratifiée à ce jour.
(Photo: Martin Alarie)