Normand de Montigny et Dr Jacques Gagné, respectivement directeur général et président du conseil du CQIB.
(Photo: Martin Alarie)
Le CQIB accoucherait en 2007 d’un fonds de 15 M$
«On travaille depuis 28 mois à la création d’un fonds d’amorçage pour les entreprises en incubation» - Normand de Montigny
Le Centre québécois d’innovation en biotechnologie (CQIB) a renoué avec le succès en 2006 comme en témoignent la graduation de deux entreprises et la venue d’une nouvelle société au sein de cet incubateur.
«C’est là le signe d’une mobilité revenue, même si le financement des entreprises n’a pas encore retrouvé le niveau souhaité», commentent le président Dr Jacques Gagné et le directeur général Normand de Montigny dans le dernier rapport annuel rendu public en avril.
Cela faisait deux ans qu’une société n'avait émergé de cette pépinière des sciences de la vie. Pis encore, trois entreprises ont été contraintes, en 2005, à fermer leurs portes avant même d’avoir complété le programme d’incubation! Au cours des dix premières années d'existence du Centre, une seule société avait rendu l'âme dans l'incubateur!
Création d’un fonds
L'an passé, le CQIB a planché sur un nouveau plan stratégique pour les années 2008-2010, lequel fut adopté en octobre dernier.
La création d’un fonds d’amorçage de 15 M$ pour les entreprises en incubation est l’élément central de ce quatrième plan de développement produit depuis 1996.
«On y travaille depuis 28 mois; c’est très long, mais on est tenace», déclare en entrevue Normand de Montigny, confiant de pouvoir sceller le tout d’ici la fin de la présente année. Ce fonds est jugé «critique» et «essentiel» en ce sens qu’il permettrait d’accéder à du financement «très en amont» d’un projet d’entreprise, à une étape où les détenteurs des cordons de la bourse du capital de risque se risquent très peu d’investir, laisse entendre le grand patron des opérations depuis le jour un du CQIB.
Selon le principal intéressé, cet outil donnerait un répit aux entreprises en difficulté au lieu de tirer la plogue trop rapidement. Dans les premières années où le financement était plus facile à trouver, la patience a porté fruit, ce qui a donné lieu à des revirements de situation qui se traduisent aujourd’hui par de brillantes réussites dans le secteur des sciences de la vie, fait valoir Normand de Montigny. Le fonds d’amorçage de 15 M$ impliquerait les gouvernements et deux fonds d’action fiscalisés.
Beaucoup d’appelés…
La nouvelle année s’annonce particulièrement fructueuse si l’on se fie aux nombreux entrepreneurs qui se bousculent aux portillons.
Ils sont une douzaine de clients potentiels à l’étape de la préparation de leur plan d’affaires. De ce nombre, trois sont originaires du nord-est des États-Unis, alors que les neuf autres proviennent de la région du grand Montréal. «On n’a pas vu pareil volume d’activités depuis trois ou quatre ans», informe le directeur général du CQIB.
Fait intéressant à noter : quatre projets d’entreprise issus de la région métropolitaine ciblent l’instrumentation médicale, un secteur en plein développement au Québec en raison de l’engouement qu’il suscite auprès des financiers. Ce marché est plus facile à financer, car les ventes et les revenus arrivent plus rapidement dans le temps, signale M. de Montigny. Le coût de démarrage est moins élevé, le financement plus accessible et le risque moins grand en comparaison aux sociétés qui développent des médicaments. À ce jour, des 25 entreprises qui ont été incubées au CQIB, une seule oeuvrait dans ce champ d’activité. Il s’agit de Neks Technologies, une société innovante spécialisée dans la conception, le développement, la production et la commercialisation de produits et systèmes utilitaires dans le domaine de la dentisterie moderne. Elle a gradué en 2003.
Assez d’élus!
Malgré que le taux d’occupation des installations du CQIB frise les 90 %, l’incubateur pourrait accueillir jusqu’à trois nouvelles sociétés en 2007. «Nous disposons d’une unité de débordement de 2800 pieds carrés pour suffire à la demande, alors que nous prévoyons assister à la graduation de deux entreprises résidantes d’ici les 12 à 18 prochains mois», précise le directeur général, ce qui augure bien pour l’avenir.
(Photo: Martin Alarie)