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La Cité prête à accueillir le centre des nanosciences

Un bras de fer avec Montréal que Laval entend bien gagner

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 30 avril 2007 à 9:23
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La Cité prête à accueillir le centre des nanosciences
Pierre Lapointe, grand patron de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et maître d’œuvre de l’implantation du futur centre des nanosciences. (Photo: Martin Alarie) Fichier: Pierre Lapointe
La Cité prête à accueillir le centre des nanosciences
Un bras de fer avec Montréal que Laval entend bien gagner
Au moment où les maires Gilles Vaillancourt et Gérald Tremblay enterraient la hache de guerre lors des festivités entourant l’ouverture des trois nouvelles stations de métro, Laval et Montréal se livrent une lutte à finir dont l’enjeu est un centre de recherche et de formation lié aux nanosciences.
L’implantation de ce campus où s’emploieront 350 professeurs-chercheurs, étudiants et travailleurs spécialisés constitue un investissement colossal de près de 80 M$. Mais ce qui confère à cet équipement un attrait phénoménal, c’est toute la portée scientifique hautement technologique et l’essaimage de ce centre dirigé par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).
Site tout désigné
À première vue, il apparaît dans l’ordre naturel des choses que les activités de l’INRS-Énergie, Matériaux et Télécommunications présentement basées à Varennes, en Montérégie, soient relocalisées à Laval. Plus précisément au cœur de la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du Grand Montréal, dont l’INRS-IAF est incidemment la pierre d’assise.
Plusieurs facteurs militent en faveur de cette option, notamment le fait que l’INRS-Institut-Armand-Frappier y ait jeté les bases de son centre de recherche spécialisée dans les sciences de la vie. Que l’INRS-EMT a jumelé ses forces à celles de l’INRS-IAF pour former le Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Nanobiotechnologies qui implique présentement 25 chercheurs de l’INRS. Que la nanotechnologie est une science de l’infiniment petit parfaitement compatible avec le secteur biomédical et que la Cité de la biotech lavalloise regorge de la plus imposante masse critique de ces entreprises spécialisées au Québec. D'autant plus que la Cité dispose de toutes les infrastructures nécessaires pour accueillir ce centre de recherche demain matin, s’il le fallait.

Enfin, le maire Gilles Vaillancourt s’est même engagé à allonger 4 M$ sur cinq ans pour soutenir financièrement l’implantation de cet équipement de grande valeur. «Je subventionne les entreprises privées, il est donc normal que je fasse de même pour une institution publique de cette envergure.» Cette importante contribution financière correspondrait à l’en-lieu de taxes que Québec verserait en compensation fiscale.
Nouveau joueur
Mais pour l’administration municipale qui rêve de mettre la main sur un second centre appartenant au réseau de l’INRS, une constituante de l’Université du Québec dédiée à la recherche et à la formation des 2e et de 3e cycles, la partie est loin d’être gagnée.
La raison? L’avènement d’un nouveau joueur, en l’occurrence Montréal, et la pression qui se fait de plus en plus forte pour relocaliser le convoité campus sur le site de la gare de triage Outremont.

À preuve, l’automne dernier, le gouvernement Charest appuyait l’Université de Montréal dans son projet de développement du site de l’ancienne propriété du Chemin de fer Canadien Pacifique à des fins universitaires et résidentielles qui représenterait à terme des investissements de l’ordre d’un milliard de dollars. Qui plus est, le député d’Outremont Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation par surcroît, est depuis le 18 avril le nouveau ministre responsable de la région de Montréal. Un facteur qui pourrait jouer dans la balance au moment de statuer sur le site d’implantation, considérant que le financement de la mise en place d’un tel campus proviendrait essentiellement du ministère à vocation économique que dirige M. Bachand.
Intérêts supérieurs
Laval n’est pas en reste: la ministre responsable de la région, titulaire de deux ministères dont celui de l’Éducation, assure avoir tous les atouts en main pour défendre la candidature de Laval en haut lieu.
«Il y a déjà cette expertise de recherche ici même à Laval et en ce sens, ce ne sera pas uniquement une décision politique; on va regarder les avantages concurrentiels avec toute la rigueur que l’analyse des sites requiert», indique la ministre Michelle Courchesne. Elle est formelle : le caucus des cinq députés libéraux lavallois fera valoir ardemment les forces que présente la Cité et la décision se prendra au regard des intérêts supérieurs de la province.

À cet égard, «il n’y a pas de raison pour que ça aille à Montréal, alors qu’il y a encore de la décontamination à faire avant de penser à installer les infrastructures [sur le site de la gare de triage Outremont]», affirme sans ambages le président-directeur général intérimaire de la Cité de la biotech, Robert Dubé.

Toujours selon M. Dubé, la communauté métropolitaine ne peut se permettre de prendre du retard dans l’implantation d’un centre des nanosciences. «Faut que les gens comprennent que la grande région de Montréal a intérêt à ce que ce centre s’implante rapidement, si on ne veut pas se faire damer le pion par Toronto», poursuit-il, ajoutant que Laval est non seulement fin prête à l’accueillir, mais qu’elle offre un environnement de recherche scientifique et un parc biomédical parfaitement intégré, taillés sur mesure pour les besoins de la cause.

Du côté du principal intéressé, le directeur général de l’INRS, Pierre Lapointe, a laissé entendre qu’un comité de travail a été mis sur pied pour évaluer «la pertinence scientifique et la valeur ajoutée» des deux sites en lice. Il se donne jusqu’à la fin juin pour analyser le tout, après quoi il arrêtera son choix entre Outremont et Laval. Celui qui prévoit deux années pour la construction du bâtiment souhaiterait inaugurer le futur centre des nanosciences avant 2010. <@S2>S.ST-A.<@p>





(Photo: Martin Alarie)

Fichier: Pierre Lapointe

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