Robert Dubé, directeur général de Laval Technopole et pdg intérimaire de la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du Montréal métropolitain.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Robert Dubé
La patron de Laval Technopole réfute toute allégation de conflit d’intérêts
Robert Dubé a vendu ses actions du Groupe Créa
Le directeur général de Laval Technopole et pdg intérimaire de la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du Montréal métropolitain, Robert Dubé, réfute les allégations de conflit d'intérêts imputables à son implication dans l'actionnariat du Groupe Créa jusqu'à ce qu'il vende ses parts à d'anciens associés, en février dernier.
En devenant le nouveau patron de Laval Technopole, le 5 septembre 2006, M. Dubé avait démissionné de son poste d'associé principal au sein de cette institution qui se définit comme le plus important cabinet-conseil spécialisé en sciences de la vie et biotechnologies au Québec. Toutefois, il aurait conservé son portefeuille d'actions durant les cinq premiers mois suivant son entrée en poste dans ses nouvelles fonctions.
«Pour éviter toute apparence de conflit, j'ai justement vendu mes actions; le processus des négociations avait été enclenché dès mon arrivée à Laval Technopole. Il fallait bien en négocier la vente», explique-t-il.
Il s'en trouve pour dire que cette situation le plaçait en situation d'apparence de conflit d'intérêts, étant donné que la boîte de consultants représente les intérêts d'institutions qui pourraient être considérées à certains égards comme d'éventuels concurrents à la région de Laval dans la course à des projets d'investissement et d'implantation scientifique.
Des craintes non fondées, se défend Robert Dubé qui fut, du temps de son affiliation avec le cabinet-conseil, nommément chargé de la valorisation de la recherche pour quatre hôpitaux à Montréal, dont le CHUM. «On peut les rassurer: je n'ai plus aucun lien avec Créa», ajoute-t-il sur un ton moqueur.
Profession de foi
Pourtant, une rumeur circulait à l'effet qu'avant les Fêtes, il s'était résigné à laisser aller le Centre des nanosciences dans l'arrondissement d'Outremont au profit de l'Université de Montréal et de la métropole. Rumeur qu'il nie catégoriquement.
Ragot ou pas, Robert Dubé y est allé d'une véritable profession de foi, mercredi dernier, alors qu'il déclarait en entrevue au Courrier Laval qu'«il n’y a pas de raison pour que ça aille à Montréal» et que la Cité de la biotech était «le site tout designé» pour accueillir pareille infrastructure».
Proche des libéraux
Dans un autre ordre d'idées, certains reprochent à M. Dubé d'être un peu trop collé sur la formation politique de Jean Charest. Un grief que le principal intéressé rejette du revers de la main: «Depuis le 5 septembre, j’ai complètement coupé les liens avec le Parti libéral», dit-il.
De fait, il a démissionné de la présidence du comité de suivi des promesses électorales du Part libéral du Québec (PLQ), le jour où il a accepté le poste de directeur général de Laval Technopole. «Par souci d’éthique, il était hors de question que je continue dans ces fonctions, étant donné la nature publique de mon poste.»
Reste que M. Dubé a été particulièrement présent lors d’événements politiques impliquant le PLQ au cours de la dernière campagne électorale.
Dans un rapport faisant état des diverses activités auxquelles il a pris part entre le 15 février et le 4 avril, on apprend que Robert Dubé a assisté à cinq midis et déjeuners-causerie de nature politique. Tous impliquant le PLQ. Trois conférences prononcées par le chef du Parti libéral dont celle initiée par la Chambre de commerce et d’industrie de Laval et deux autres mettant en vedette le ministre Raymond Bachand (la sous-ministre Madeleine Caron avait remplacé le député d'Outremont au pied levé à une occasion).
«C'était dans le cadre de mes fonctions; il ne s'agissait pas d'activités partisanes», assure M. Dubé. Comment alors expliquer que durant la même période, il n'ait assisté à aucun événement impliquant le Parti québécois, ni l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont? «On ne peut pas tous les faire», s'est-il borné à dire.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Robert Dubé