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La présence de Charest à La Rochelle aurait pu être délicate, dit Couillard

Presse Canadienne Article mis en ligne le 12 mai 2008 à 0:00
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QUEBEC - La participation du premier ministre Jean Charest au lancement du volet français des célébrations du 400e anniversaire de Québec, où la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean était présente, aurait pu être délicate pour des raisons de protocole et de visibilité.
Le ministre de la Santé Philippe Couillard, qui a assisté aux cérémonies en France jeudi dernier, estime que dans ce contexte, la présence d'un ministre du gouvernement québécois était préférable à celle de M. Charest.
"Je trouve qu'il est préférable, vu la présence de la gouverneure générale, que ce soit un ministre du gouvernement de M. Charest qui soit là plutôt que lui-même parce que, compte tenu des éléments de protocole et de visibilité, je pense que ça aurait été peut-être un peu plus délicat", a déclaré lundi M. Couillard lors d'un point de presse.
M. Couillard, qui est responsable du dossier des fêtes du 400e au conseil des ministres, croit que le premier ministre aura une pleine visibilité lorsqu'il se rendra à Bordeaux, samedi, afin de participer à un autre événement lié aux célébrations.
D'autre part, M. Couillard a nié qu'il soit parti en coup de vent, jeudi, au terme d'une réception à La Rochelle où Mme Jean a pu, contrairement à lui, prendre la parole.
Il a affirmé qu'il s'agissait d'un "événement municipal" durant lequel la présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal, qui était présente, n'a elle-même pas pris la parole.
Les partis d'opposition ont critiqué M. Charest pour son absence de La Rochelle, où a été donné le coup d'envoi du volet français des festivités du 400e anniversaire de la fondation de Québec.
Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a affirmé qu'il s'agissait d'un nouvel exemple de la "Canadianisation" des relations franco-québécoises, tandis que la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a soutenu que la présence de Mme Jean s'inscrivait dans une stratégie de banalisation du Québec par le gouvernement canadien.
M. Couillard a affirmé que de La Rochelle, toute cette polémique semblait irréelle. Il a assuré que la présence du Canada à travers la gouverneure générale a été accueillie de façon "très positive et enthousiaste" par les Français et les Québécois qui étaient sur place.
"Il n'y avait aucune confusion dans l'esprit de qui que ce soit (sur) ce qui était en question là, (soit) les 400 ans de Québec, les 400 ans du fait français", a-t-il dit.
Il a aussi rappelé la caractère direct et privilégié des relations entre la France et le Québec, reprenant ainsi la formule récemment mise de l'avant par les deux partenaires.
Mme Jean a charmé les médias et même le président Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, lors d'une visite officielle durant laquelle un changement de ton a été perçu concernant les relations franco-québécoises.
M. Sarkozy a notamment laissé entendre qu'il ne voulait plus avoir à choisir entre le Québec et le Canada, rejetant ainsi la formule de la "non-ingérence, non-indifférence" envers le mouvement souverainiste québécois.
Selon le politologue Stéphane Paquin, de l'Université de Sherbrooke, la France souhaite avoir des relations directes et privilégiées avec le Québec et ajouter la dimension canadienne, ce qui n'était pas possible lorsque les libéraux étaient au pouvoir à Ottawa.
Alors que Jean Chrétien était premier ministre à Ottawa, la France devait choisir l'un ou l'autre, a dit M. Paquin.
"Traditionnellement, il fallait choisir, a-t-il affirmé lundi lors d'une entrevue téléphonique. Surtout parce que les libéraux fédéraux ne tolèrent pas qu'on négocie avec le Québec: si on choisit le Québec, on est en conflit avec Ottawa."
M. Paquin estime que les conservateurs acceptent la relation directe et privilégiée de la France avec le Québec, dans la mesure où ce n'est pas un encouragement au séparatisme.
Néanmoins, la situation observée la semaine dernière constitue un revers pour les souverainistes et témoigne du dynamisme de M. Charest dans ses relations avec la France, a dit le politologue.
Selon M. Paquin, l'exclusivité que le Parti québécois avait sur cette relation vient de disparaître.
"Les souverainistes doivent s'inquiéter parce qu'ils ont perdu la bataille", a-t-il dit.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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