Dans l’ordre habituel, Marie-Claude Brouillette, Sonia Verreault et Carole Poirier sont sorties de l’anonymat, lundi soir, pour déposer au bureau de leur députée et ministre responsable de la région, Michelle Courchesne, une pétition de 9460 noms, signifiant l’objection de la population à l’implantation de tout projet lié au jeu de hasard dans Sainte-Dorothée.
(Photo: Martin Alarie)
La ministre Courchesne reçoit une pétition de 9460 signataires
Haro sur tout projet d’hippodrome et de salon de jeu dans Sainte-Dorothée et les environs
La députée de Fabre et ministre responsable de la région, Michelle Courchesne, a reçu lundi en début de soirée une pétition signée par 9460 citoyens s’opposant à tout projet d’implantation d’un hippodrome et d’un salon de jeu dans le quartier de Sainte-Dorothée.
Voilà le fruit d’une démarche entreprise il y a une trentaine de jours par trois universitaires et jeunes mères de famille, inquiétées par des rumeurs de plus en plus persistantes à l’effet que le promoteur d’Attractions hippiques, le sénateur libéral Paul J. Massicotte, déménagerait dans leur cour arrière la piste de course Blue Bonnets et un salon de jeu de 1300 appareils de loterie vidéo.
Message bien reçu
À la veille de la rentrée parlementaire, Mme Courchesne a accueilli à son bureau de comté les trois instigatrices derrière le Regroupement des citoyens contre l’implantation d’un hippodrome et d’un salon de jeu.
Sortant de l’anonymat, Sonia Verreault, Carole Poirier et Marie-Claude Brouillette lui ont remis à la ministre régionale 631 pages contenant chacune 15 signataires. «Je reçois très bien le message», a commenté au Courrier Laval Mme Courchesne, assurant qu’elle se ferait «l’écho» de ses commettants à l’Assemblée nationale. La ministre titulaire de l’Éducation et de la Famille a rappelé qu’il n’y a toujours pas eu de «demande officielle dans Sainte-Dorothée, ni ailleurs à Laval» en ce sens de la part du promoteur.
Mais elle dit comprendre la «préoccupation» de ses concitoyens, le comté étant majoritairement composé de jeunes familles. «J’y habite moi-même depuis près de 25 ans et j’y ai élevé mes enfants», insiste Mme Courchesne, se disant profondément attachée à sa circonscription.
Travail colossal
La ministre a salué la détermination de ces trois jeunes femmes qui ont su rallier à leur cause en un temps record une équipe de 80 bénévoles et quelque 10 000 pétitionnaires pour cautionner leur combat. «C’est beaucoup de travail en peu de temps», leur a lancé la ministre en acceptant la pile de feuilles de la pétition.
De mémoire d’homme, c’est la première fois qu’un mouvement de contestation citoyenne de pareille ampleur prend naissance dans la municipalité. Recueillir 10 000 signatures en l’espace d’un mois est un travail colossal, sans compter que ce mouvement était porté à bout de bras par trois jeunes mères de famille, dont deux sont en congé de maternité, ayant pour seul recours les moyens du bord.
Pour mettre le tout en perspective, le Regroupement pour le pont de la 25 déposait lors des audiences du BAPE, en juin 2005, une pétition de 25 000 noms, résultat d’une intense campagne de deux mois orchestrée et soutenue par une armada de représentants officiels.
On en donne pour preuve un regroupement de 18 municipalités et arrondissements représentant près de 850 000 personnes, à savoir Anjou, Blainville, Boisbriand, Bois-des-Filion, Charlemagne, Deux-Montagnes, L'Assomption, Laval, Lorraine, Mascouche, Mirabel, Montréal-Nord, Repentigny, Rosemère, Sainte-Anne-des-Plaines, Sainte-Thérèse, Saint-Eustache et Terrebonne. Pour en revenir à l'organisation menée contre un projet d'hippodrome et de salon de jeu sous l'impulsion de trois jeunes mères de famille, on avait limité au quartier Sainte-Dorothée et les alentours le périmètre à ratisser.
Attentes
Dans une lettre lue, puis remise à la ministre régionale, les trois alliées ont signifié plusieurs de leurs attentes à Michelle Courchesne.
Parmi celles-ci, on souhaite évidemment que l’Assemblée nationale du Québec respecte la volonté de la population concernée en interdisant la société d’État Loto-Québec et Attractions hippiques d’implanter un hippodrome et un salon de jeu dans Sainte-Dorothée et les environs.
On exhorte également le gouvernement libéral à préserver la zone agricole permanente et à tenir une consultation publique pour tout projet de développement risquant d’avoir des incidences pernicieuses sur la santé et la sécurité publique.
Mmes Brouillette, Poirier et Verreault croient que le message ne peut être plus clair. Après la manifestation publique contre le projet de déménager le casino dans Pointe Saint-Charles, les résolutions adoptées par les élus municipaux de Blainville et Boisbriand interdisant l’implantation d’un salon de jeu sur leur territoire, voilà que 10 000 Lavallois disent non à Loto-Québec, terminent-elles.
Au moment de mettre en ligne, on apprenait que la pétition serait déposée devant l’Assemblée nationale au début de la période de questions, jeudi.