C'est dans cette demeure de l'Avenue Desrochers, à Laval-des-Rapides, qu'était séquestrée la jeune Éthiopienne de 29 ans.
(Photo: Martin Alarie)
Un couple de Lavallois exploitait une Éthiopienne
Certains voisins démentent les accusations de la GRC
Nichan Manoukian et sa conjointe Manoudshag Saryboyadjian, deux Lavallois d'origine Libanaise, ont été arrêtés mercredi dernier par les agents de la GRC pour avoir exploité une Éthiopienne de 29 ans en la contraignant à un travail forcé dans leur résidence de Laval. Selon certains voisins, la jeune femme n'avait toutefois rien d'une esclave.
La victime vivait apparemment depuis 2004 dans la demeure située sur la rue Desrochers, à Laval-des-Rapides. C'est au cours de cette année que le couple l'avait ramenée du Liban, après l'avoir obtenue en tant qu'aide domestique par l'entremise d'une agence.
M. Manoukian avait alors obtenu un visa temporaire pour la jeune Éthiopienne, mais celui-ci est venu à échéance très rapidement. Le couple se serait servi de ce fait, selon la GRC, pour menacer la jeune esclave, comme quoi ils la renverraient dans son pays si elle sortait de leur maison.
«Ce qui arrive à cette famille est terrible, soutient Manon Trudel, une voisine immédiate. Parlez à n'importe qui dans le quartier, ils vous diront tous que cette jeune fille était très bien traitée. Elle avait sa propre chambre, sa salle de bain personnelle, et on la voyait régulièrement à l'extérieur avec la famille. Elle n'avait rien d'une esclave.»
Enquête
L'enquête a débuté en 2006, après que le Service de protection des citoyens de Laval ait reçu des informations voulant qu'une Éthiopienne travaillait comme aide familiale dans une résidence de Laval.
Cette jeune femme aurait par la suite confirmé l'information par l'entremise d'une autre personne. Elle aurait notamment confié que le couple l'obligeait à travailler 24 heures sur 24, qu'elle n'avait pas accès à ses papiers d'identité, qu'on ne la laissait jamais quitter la résidence et qu'il lui était interdit d'utiliser le téléphone.
Ses «employeurs» lui auraient fait comprendre à plusieurs reprises que si elle parlait de sa situation à qui que ce soit, la police la retournerait dans son pays.
C'est le 27 janvier 2006 que la GRC l'avait fait sortir de la demeure pour la placer en centre d'hébergement. Il a fallu plusieurs mois pour gagner sa confiance et réussir à communiquer avec elle, ce qui explique le long processus entre sa sortie et l'arrestation du couple de Lavallois.
Les deux propriétaires de la résidence font face à des accusations de traite de personne, d'en avoir tiré un avantage matériel et de rétention de documents de voyage ou d'identité. Ces accusations en matière de traite de personne sont une première au pays, et découlent d'une nouvelle loi adoptée en 2005.
(Photo: Martin Alarie)