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Plus qu'une tempête dans une flaque d'eau

Pierre Marc Johnson fait la leçon à Laval

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 18 mai 2007 à 22:30
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Plus qu'une tempête dans une flaque d'eau
Pierre Marc Johnson fait la leçon à Laval
Une flaque d'eau récurrente, au-dessus du joint qui coule, juste au-dessus de l'assise en porte-à-faux du viaduc de la Concorde, où les 700 tonnes du tablier venaient se poser. L'équation est simple: joint qui coule égale détérioration du béton. «Pourquoi ne pas avoir réglé le problème?» a demandé le président de la Commission aux témoins lavallois, jeudi.
«Si on mettait en preuve et si on avait mis en preuve que de façon systématique, l'eau s'accumulait du côté sud du pont de la Concorde, le long du trottoir, et s'écoulait graduellement à travers le joint d'expansion et que ça, ça a duré littéralement pendant des années et que cette accumulation, des citoyens pouvaient le remarquer, entre autres, parce que des cyclistes passaient dedans, puis ils se faisaient éclabousser constamment ou des véhicules éclaboussaient des piétons.

«Alors, ça, ça se remarque et puis des fois ça agace les gens, puis ils appellent. Si on mettait ça en évidence, comment expliqueriez-vous que le problème a pas été réglé pendant des années au niveau de l'entretien que vous devez faire de la chaussée?» a demandé Pierre Marc Johnson à Claude Deguise, directeur du Service de l'ingénierie de la Ville, et à Michel Toutant, directeur adjoint des travaux publics de Ville de Laval. Les deux employés municipaux ont été interrogés jeudi, au terme du volet témoignages des audiences publiques de la Commission Johnson.
Question de juridiction
«Je ne formule pas ça comme un blâme. Comment je vous blâmerais à partir d'hypothèses?» a ajouté Pierre Marc Johnson, avant d'en remettre au sujet d'une section de trottoir à réparer sur le même viaduc. Ce dernier problème avait été signalé lors d'une inspection spéciale du pont en 2004, par Christian Mercier, un ingénieur du département des structures du ministère des Transports (MTQ). Après l'effondrement, deux ans plus tard, M. Mercier a constaté que la réparation du trottoir n'avait jamais été faite.
«Laissez-moi tenter une explication, a suggéré M. Johnson. Que c'est pas un problème principal pour vous ce qui se passe sur les ponts à juridiction partagée et que le problème principal peut-être pour vous au niveau des Travaux publics à Laval, c'est de vous occuper de vos chaussées et que peut-être vos employés qui passent de temps en temps priorisent pas ça parce qu'ils se disent à la limite, c'est pas très clair que ça relève d'eux que de faire ça»

«Je ne me souviens pas d'avoir vu une note de M. Bossé [Gilbert Bossé, responsable des structures à la direction territoriale de Laval-Mille-Îles du MTQ]. Mais si tel avait été le cas, soyez assuré que nous aurions pris des dispositions» a assuré M. Deguise.

Ce que vous me dites, a réagit le président de la Commission, c'est que «vous allez vous en occuper si le ministère vous dit [que] quelque chose qui relève de votre juridiction pourrait avoir des conséquences sur [la juridiction du ministère]».

«C'est sûr qu'on va porter attention à partir d'aujourd'hui. On est conscients de ce que vous nous dites, Monsieur Johnson», a concédé Claude Deguise.
Plausible
Le procureur de la Commission, Michel Décary, dit avoir été «frappé» par le témoignage de plusieurs personnes au sujet de la fameuse flaque d'eau. Les détails comme ceux fournis par le Lavallois Guy Gironne, la première semaine des audiences publiques, sont plausibles, selon l'avocat. Il a été démontré, au cours des dernières semaines, que la pente sur le dessus du pont était très faible et que l'eau ne pouvait s'égoutter aisément. La flaque était présente depuis des années, «même en hiver», juste au-dessus du joint de dilatation, avait précisé M. Gironne.
Même si le rôle de Laval est relativement limité sur le plan de l'entretien et de la réparation sur des structures comme le viaduc de la Concorde, la chaussée est du ressort de la municipalité, a rappelé Me Décary.

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