Marc Côté, lors de son périple du Tour d'Afrique, cet hiver.
(Photo: courtoisie)
Cyclistes et professionnels
Comment être à la fois un adepte de la formule vélo-boulot et ne pas avoir l'air d'un chat sorti du bain une fois arrivé à destination? Le Courrier Laval a consulté trois fadas de ce mode de transport alternatif. Leurs commentaires indiquent la voie à suivre pour faire du parcours domicile-bureau une expérience agréable.
Marc Côté, résident de Ville Mont-Royal et professeur d'éducation physique à l'école George-Vanier, à Saint-Vincent de Paul. Distance parcourue: 20 km (à l'aller et au retour) chaque jour, du lundi au vendredi, été comme hiver, depuis plus de 25 ans.
Ronald Forget, résident de Laval-des-Rapides et monteur vidéo à Radio-Canada. Distance parcourue: 20 km trois à quatre fois par semaine, de mai à novembre, depuis 5 ans.
Rick Bélair, résident d'Ahuntsic, concepteur matériel pour l'entreprise Kontron, à Boisbriand. Distance parcourue: 25 km, trois fois par semaine, de mai à novembre, depuis cette année.
Les trois hommes sont probablement des exceptions à la règle, mais leurs conseils sont à la portée de tous. Car chacun peut trouver son compte sur le chemin qui mène au bureau… sur deux roues.
Pas trop vite!
«Il ne faut pas aller trop vite, c'est pas une course!» prévient Ronald Forget. Le cycliste dispose bien de douches sur les lieux de son travail, boulevard René-Lévesque. Mais s'il peut éviter de se doucher, il le fait. «Je ne pédale pas à un rythme d'enfer», dit celui qui fait tout de même son 20 à 25 km/h.
À ce rythme, il prend 1h à effectuer un trajet qu'il franchit en 50 minutes dans sa voiture, à l'heure de pointe. «Brûler des feux rouges, mettre ma sécurité en péril, ça me fait gagner cinq minutes, sur un trajet d'une heure. Ça ne vaut pas la peine.»
Rien ne sert de courir. Il faut partir à point. C'est la seule condition pour franchir le seuil du bureau à l'heure, dispos et rayonnant d'énergie. Car avec le vélo, la ponctualité va de soi. «En auto, tu sais à quelle heure tu pars, mais pas à quelle heure tu arrives. En vélo, je sais exactement à quelle heure j'arrive. Même s'il y a beaucoup de trafic, la lumière passée, je me faufile.»
Rick Bélair a trouvé, quant à lui, le moyen de ne pas arriver en nage à Boisbriand. Cette année, il a fait l'acquisition d'un moteur électrique. «Ça faisait une dizaine d'années que je le faisais [le trajet Ahuntsic-Boisbriand]. Avec le moteur, je le fais trois fois par semaine et je veux en faire plus.»
Le moteur lui permet de gagner dix minutes par rapport à sa performance des années précédentes: 40 minutes au lieu de 50, à l'aller comme au retour.
Prendre sa place
Le vélo urbain a également sa part de risque qu'il faut savoir gérer, note Marc Côté. En 25 ans de cyclisme sur le réseau routier montréalais à l'heure de pointe, M. Côté a développé une attitude adaptée à cet environnement. «Il faut prendre sa place, mais être vigilant, dit-il. Plus tu laisses de la place aux automobilistes, plus ils en prennent.»
Le tout est d'être visible et alerte, résume l'enseignant, qui arrive tout juste du Tour d'Afrique, une odyssée de quatre mois qu'il a amorcée au Caire et conclue à Cape Town, en Afrique du sud.
Les essentiels
Il y a beaucoup de points communs dans la liste de l'équipement essentiel dressée par les trois adeptes de la bicyclette. De bons souliers, qui adhèrent aux pédales, insiste M. Côté. Et un porte-bagage, «pour ne jamais avoir de sac à dos».
Rick Bélair recommande quant à lui les couvre-chaussures en nylon et les bandes fluos sur l'imper ou le coupe-vent.
Tous s'entendent sur l'importance de garder des vêtements de pluie en permanence dans son sac. «J'ai aussi dans mon sac une tuque et des mitaines», ajoute Ronald Forget, qui compte également une clé anglaise et une pince à pantalon dans sa «trousse de survie». Il nous sert un dernier conseil: «Il faut un coupe-vent avec un gros capuchon, qui peut recouvrir le casque.»
(Photo: courtoisie)