Les cyclistes ne disposent que de 29 supports à vélo à la station de métro de la Concorde. C'est nettement insuffisant pour une station «intermodale».
(Photo: Martin Alarie)
Le vélo-boulot, version lavalloise
Trente minutes de vélo, 8,5 km sur une piste aux allures champêtres exclusivement réservée aux cyclistes. Entre l'avenue des Terrasses, à Sainte-Rose, et la station de métro de la Concorde, la Route Verte offre une alternative ô combien plus agréable que la voiture pour se rendre au boulot.
Le ciel est radieux, l'air est ni trop frais, ni trop chaud. Le sentier se laisse parcourir sans effort. Entre cyclistes, on se salue, on se sourit. Dans les boucles souples qui longent la voie ferrée de la ligne de train de banlieue Montréal–Saint-Jérôme, on songe aux embouteillages avec un sourire en coin. Bienvenue sur la Route Verte!
Au Québec, un cycliste sur trois utilise son vélo à des fins de transport, y compris pour se rendre au boulot. L'expérience menée par le Courrier Laval mardi dernier est concluante: combinée au métro ou au train, la bicyclette peut très bien constituer une solution alternative à l'automobile pour les résidents qui ont coutume de voyager vers Montréal, sur l'axe central nord-sud de l'île Jésus.
Améliorer l'accès
La destination naturelle pour les cyclistes qui empruntent cette piste est la station intermodale de la Concorde, la seule qui figure sur le tracé de la Route Verte. L'accès n'est toutefois pas direct, et il faut quitter la bande cyclable au coin de l'avenue Ampère et de la montée du Moulin.
Des négociations en cours entre Ville de Laval et le Canadien Pacifique permettront un accès plus aisé, par le viaduc du CP qui surplombe le boulevard de la Concorde, à l'ouest de la rue Ampère.
«La volonté de la municipalité, c'est que la circulation [à vélo] soit plus fluide entre Concorde et le parc des Prairies», note le porte-parole de la Ville, Jean-Claude Beaudry. L'accès à un tronçon de piste déjà aménagé sur le viaduc, le long du quai de la voie ferrée, est pour le moment bloqué.
Plus de supports, svp
Pour vraiment mériter l'épithète «intermodale», la station de la Concorde devra augmenter ses places de stationnement pour vélo. Seuls 29 supports attendent les cyclistes. À l'heure du midi, mardi, moins d'une dizaine de places étaient toujours disponibles.
«Il y aura des ajustements estime Patrick Howe, de Vélo Québec. Les choses vont bouger quand de plus en plus de vélos seront accrochés au mobilier urbain.»
La station de la Concorde est en fait la station lavalloise la moins bien pourvue en supports à vélo. La station Cartier en offre 56. Pour y accéder à vélo, il faut quitter la Route Verte à l'angle du boulevard Cartier et rouler vers l'est cinq minutes sur une chaussée passablement abîmée.
Trois-cent supports sont réservés aux cyclistes qui se dirigent vers la station Montmorency, aussi éloignée de la Route Verte que ne l'est la station Cartier. «Une des raisons qui a motivé [l'installation] de 300 places à Montmorency, c'est le CIT (Conseil intermunicipal de transport) des Moulins, qui offre le programme Vélo-Bus» explique Mélanie Nadeau de l'Agence métropolitaine de transport (AMT).
Le Vélo-bus, un programme créé conjointement par le CIT et l'AMT en 2002, offre des supports à vélo aux utilisateurs de Terrebonne. La STL devrait imiter le CIT des Moulins dès l'été prochain et équiper sa flotte d'autobus de supports à une ou deux places. «On a ce projet-là dans nos cartons depuis deux ans. C'était prévu au budget, mais le métro nous a accaparé», dit Marc Laforge, porte-parole de la STL.
Quant à l'accès au train et au métro avec un vélo, les contraintes actuelles ne sont pas de nature à encourager cette option pour se rendre au travail, à moins d'avoir un horaire flexible ou atypique.
Dans le métro, impossible d'effectuer le trajet avec son compagnon à deux roues durant les heures de pointe. Idem pour le train de banlieue de la ligne Montréal–Deux-Montagnes, qui limite par ailleurs le nombre de vélo à quatre par train. Cette ligne est cependant la seule, avec celle de Montréal-Dorion-Rigaud, à accorder le droit de voyager avec un vélo. Sur la ligne Montréal–Saint-Jérôme, c'est carrément interdit.
«Un choix a été fait, explique Mélanie Nadeau, de l'AMT, pour maximiser l'espace destiné aux voyageurs.» Mais une partie d'une enveloppe inattendue de 120 M$ pour du nouveau matériel roulant, accordée dans le cadre du dernier budget provincial, pourrait changer la donne pour cette ligne.
> Le vélo-boulot: quelques faits
Pour un parcours de moins de 8 km en milieu urbain, le vélo est le moyen de transport le plus rapide
> Plus du tiers des déplacements domicile-travail sont de moins de 8 km
> 59% des travailleurs qui se rendent au boulot à vélo apprécient leur trajet
> 38% des travailleurs qui se rendent au boulot en auto peuvent en dire autant
Coût annuel de différents modes de transports
> Fourgonnette: 10 506$
> Voiture compacte: 9506$
> Transports publics: 4043$
> Cocktail transports publics/vélo: 3505$