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Courrier Laval
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Les normes d’inspections des structures du MTQ montrées du doigt

par Julien Arsenault
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Article mis en ligne le 11 juillet 2007 à 17:12
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De plus en plus souple
Les normes d’inspections des structures du MTQ montrées du doigt
L’expert Benoît Bissonnette a poursuivi son témoignage, hier, une journée après le dépôt de son rapport qui a exposé les lacunes du ministère des Transport du Québec (MTQ) en matière d’inspection.
Professeur de génie civil à l'Université Laval, M. Bissonnette a surtout approfondi l’assouplissement des normes du manuel d’inspection des structures du MTQ. Les délais reliés aux priorités d’intervention sont notamment deux fois plus longs dans l’édition 2004 du manuel d’inspection comparativement à celui de 1996.

Questionné, il a qualifié le procédé de «paradoxal puisque des plus longs délais d’intervention ne contribuent pas à la diminution du taux de désuétude du parc de structures».

Pierre Marc Johnson a alors émis l’hypothèse que les compressions budgétaires des 20 dernières années dans la majorité des ministères auraient pu être à l’origine du laisser-aller des normes. Néanmoins, personne n’a voulu confirmer les propos avancés par le président de la commission.

Les exigences concernant les inspections sommaires ont aussi été diminuées dans la plus récente version du manuel. Depuis 2005, les inspecteurs n’ont plus besoin d’un diplôme ou d’une formation spéciale pour effectuer des inspections de structures.

Lors de son témoignage, M. Bissonnette a soutenu que même pour une inspection sommaire, il est souhaitable que les inspecteurs possèdent une formation en génie civil en plus d’une autre en inspection. Il a également ajouté qu’il est «indispensable d’avoir des connaissances de base» en matière de béton, d’acier et de bois.

Le MTQ a justifié ce relâchement en affirmant que les anciennes exigences étaient inadéquates pour recruter le personnel nécessaire. Dorénavant, un technicien de n’importe quel domaine peut-être formé par le ministère pour réaliser des inspections sommaires.

M. Bissonnette a également qualifié les documents d’inspections de «généraux» et qu’ils «couvrent bien les caractéristiques fondamentales des ouvrages, mais qu’il y a un vide quant aux différentes particularités qu’ils peuvent avoir».

Les méthodes d’inspections des structures ont également fait partie des préoccupations de l’expert. Selon lui, une inspection de surface ne permet pas de bien évaluer les «vrais dommages».

Il a profité des dernières minutes de son témoignage pour affirmer que des travaux auraient dû être faits avant 2000 et que dès 1995, il y avait des éléments à entretenir.

«Après les travaux de 1992, il n’y a pas eu de mesures correctives. Tout ce qu’on a fait, c’est qu’on a retiré du béton pour la sécurité des usagers et non par mesure curative», a-t-il dit.
Encore la carotte
L’utilisation de mesures semi-destructives (le carottage) et destructives (fenêtre d’observation) permettrait de mieux évaluer l’état d’un ouvrage.
Pour justifier l’utilisation du carottage, M. Bissonnette s’est référé au Manuel d’entretien des structures 2005. «Bien que le carottage soit un essai destructif, les avantages retirés sont supérieurs aux inconvénients. Il doit cependant être limité aux cas où il peut fournir des éléments utiles pour l’évaluation de la structure », a-t-il expliqué.

Concernant les fenêtres d’exploration, il a mentionné qu’il était possible d’en créer de façon sécuritaire.

Ces deux arguments de l’expert vont à l’encontre de ceux du MTQ qui soutenait que le carottage et les fenêtres d’explorations étaient des mesures destructives qui pouvaient nuire à la condition d’une structure existante.

Pierre Agruin, l’avocat du MTQ, a encore une fois tenté d’utiliser cet argument pour justifier l’absence de tests.

M. Bissonnette ne s’est pas gêné pour utiliser le même argument que Jacques Marchand, le premier témoin expert, pour répondre à l’avocat.

«Si on procède au carottage vis-à-vis une barre d’armature, il y a des risques de dommages. Cependant, comme a dit M. Marchand la semaine dernière, il devrait être possible de consulter les plans pour éviter de forer en causant du dommage», a-t-il expliqué.

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