Les restes du viaduc de la Concorde à nouveau examinés
Les restes du viaduc qui s'est effondré il y a dix mois sont encore sous la loupe des experts. À la demande de l'Association professionnelle des ingénieurs du Québec, les experts ont à nouveau sectionné, mardi, des blocs de béton toujours entreposés à Laval.
Les blocs de ciment ont été sciés, en début de semaine, sur la longueur (sur un axe nord-sud) alors qu'on ne l'avait fait que sur la largeur (sur un axe est-ouest) à ce jour. On a conduit cette opération sur la culée sud-est, qui s'est rupturée le 30 septembre dernier. L'examen s'est également étendu à la culée nord-est.
Ce seront les dernières analyses à être effectuées sur les débris du viaduc. Les membres de la Commission d'enquête ne prévoient pas rendre public les résultats de cet examen avant la publication de leur rapport final, attendu pour la mi-octobre.
La nouvelle manipulation a pour objet de clarifier le lien entre les fissures observées sur la culée sud-est du pont, des années avant sa rupture, et un plan de fissure interne à l'origine de la tragédie.
Parmi la dizaine d'experts qui ont défilé devant la Commission Johnson en juillet, aucun n'a pu établir clairement le lien entre ces deux éléments. Pour en avoir le cœur net, le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, a demandé que l'enquête soit rouverte sur cet aspect.
«On n'a pas mesuré les fissures [externes], on n'a pas de patron de ces fissures-là, moi je n'en ai pas vu, a-t-il soutenu au dernier jour des audiences publiques de la Commission, le 31 juillet dernier. Peut-être qu'on fait erreur.»
M. Gagnon a par ailleurs évoqué la possibilité que les pièces du viaduc aient été altérées lors de la démolition du pont. Si cette hypothèse s'avérait, la pertinence d'une partie importante de la preuve serait remise en question.