Avant de plonger, il faudra assainir plus encore
35,6 mm de pluie en trois petites heures. Quand la pluie s'acharne comme elle l'a fait lundi dernier, les coliformes fécaux se multiplient dans les plans d'eau urbains et le rêve de voir les plages remises en service sur les berges de l'île Jésus s'estompe. Plus de 15 ans après les grands travaux d'assainissement des eaux, il faut raffiner l'offensive.
Jean Lauzon se souvient de l'état de la rivière des Mille-Îles, dans les années 1980. «C'était abominable. Ça puait, c'était un égout à ciel ouvert. On voyait de grandes bandes d'excréments et des goélands…»
Au fil du temps, le directeur de l'organisme Éco-Nature — voué à la protection et la mise en valeur de la rivière qui borde la rive nord de Laval — a constaté les améliorations apportées par les grands travaux d'assainissement de l'eau.
Avant la construction d'usines de traitement des eaux usées, se rappelle Jean Lauzon, on pouvait relever un taux de 50 000 coliformes fécaux (ou UFC pour «unités formant des colonies») par 100 ml d'eau. Un nombre faramineux, quand on sait que 1000 coliformes sont suffisants pour étiqueter un plan d'eau «impropre à toute activité récréative».
Aujourd'hui, plusieurs des 32 sites lavallois où Éco-Nature prélève ses échantillons d'eau dans les rivières des Prairies et des Mille Îles sont «propres à la baignade», avec des taux en-deçà de 200 UFC.
À plusieurs stations d'échantillonnage toutefois, la qualité de l'eau fluctue. À la berge aux Quatre-Vents, à Laval-Ouest, l'indice oscille en dent de scie: de 46 UFC le 2 juillet 2007, il a atteint des pointes de 1400 et 2100 avant de retomber à 47 UFC, le 31 juillet.
La berge est située en amont du pont Arthur-Sauvé, où, lors de pluies abondantes, le trop-plein des égouts se déverse dans la rivière après, au mieux, un traitement partiel à la station d'épuration, explique-t-on au ministère de l'Environnement. Les berges de Saint-François–Sud, dans le secteur de la station d'épuration La Pinière, sont aussi peu recommandables pour les baigneurs.
Le nouvel ennemi à neutraliser: la pluie.