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Le centre-ville en chantier

Huit ans après son annonce

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 19 août 2007 à 6:36
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Le centre-ville en chantier
Dans le prolongement de la rue Jacques-Tétreault, à l'ouest du boulevard Le Corbusier, se déploiera l'axe central donnant accès à un développement à caractère urbain de type centre-ville à deux pas de la station de métro Montmoency. (Photo: Martin Alarie) Fichier: Photo page 3
Le centre-ville en chantier
Huit ans après son annonce
Ici et là, les structures d’acier sortent de terre sur les terrains bordés à l’est par le boulevard Le Corbusier dans le secteur le plus chaud de l’île Jésus.
À un jet de pierre de la station de métro Montmorency, le centre-ville de Laval prend finalement forme sur un terrain qui a fait les frais d’une importante flambée spéculative ces derniers temps. En janvier dernier, le terrain de 1,1 million de pieds carrés a été revendu au coût de 19,6 M$ à un promoteur immobilier torontois, KingSett Capital.

Deux ans plus tôt, en décembre 2004, une compagnie à numéro dirigée par Me Robert Talbot — identifié par La Presse comme l'avocat de la famille du maire Gilles Vaillancourt — et Raymond Lessard — promoteur à la tête du projet immobilier Urbania contigu à la station de métro — avait acquis ce même terrain de la société en commandite Concorde/Souvenir pour 10,9 M$. Un rendement de 80 % qui a généré des profits de 8,7 M$ sur une période de 24 mois, selon une enquête publiée cet hiver par le quotidien de la rue St-Jacques.
Espace public
Le développement s’articulera autour d’un axe commercial central à caractère urbain de type centre-ville.
Dans le prolongement de la rue Jacques-Tétreault, la rue principale donnant accès au site favorisera la circulation piétonne, alors que la présence de cafés, restos, bistros et boutiques de part et d’autre de la rue ajoutera à la dimension conviviale des lieux. L’alignement des bâtiments rapprochés les uns des autres a été pensé de sorte à bien encadrer l’espace public de l’axe commercial.

Aux abords du boulevard Le Corbusier, à son extrémité «est», on a prévu un recul des bâtiments afin de permettre l’aménagement d’une esplanade. Dans la partie centrale de la rue principale, une place publique sera aménagée. Quant à son extrémité «ouest», un point focal que l’on veut parfaitement visible du boulevard Le Corbusier, une imposante structure reflétant le caractère distinct de ce projet commercial. Celle-ci devra s’harmoniser avec un bâtiment utilisé pour le métro qui se trouve à proximité.
Look distinctif
Adopté par le conseil municipal à l’été 2006, le plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) donne le ton à l’aménagement du site.
Du pavage des surfaces piétonnes visant à «créer une impression visuelle distinctive» aux luminaires et mobilier urbain «de qualité supérieure» comprenant des éléments d’ornementation et d’incitation à la détente, en passant par l’aménagement paysager du site, rien n’est laissé au hasard. De fait, les exigences de la Ville entourant ce développement et auxquelles le promoteur devra se conformer tiennent sur une dizaine de pages.

Toujours en matière d’architecture de paysage, les objectifs d’aménagement prévoient aussi la présence d’une «interface verte» entre le site et les secteurs périphériques. Le boulevard Le Corbusier et l’axe commercial principal devraient faire l’objet de plantations alignées d’arbres. Les terrains bordant la voie d’accès de l’A-15 (au sud), la voie de service de l’A-15 (à l’ouest) et la voie de circulation localisée dans la partie nord du projet devraient également faire place à un traitement paysager composé de bandes vertes plantées d’arbres et d’arbustes. Jusqu’aux principaux parcours automobiles à l’intérieur du site qui seront marqués par des axes verts.
Un seul étage
Si la Cité du Savoir qui se déploiera au pourtour de la station Montmorency privilégiera la densification à la faveur d’un premier immeuble d’une dizaine d’étages, c’est tout le contraire qui se produira de l’autre côté du boulevard Le Corbusier où les neuf immeubles projetés dans la première phase du développement présentement en chantier ne s’élèveront que sur un seul étage.
Les normes urbanistiques en vigueur fixent toutefois la hauteur minimale de tout bâtiment à 24 pieds et leur superficie brute minimale à 7 500 pieds carrés. On s’entend que ces immeubles pourront abriter un ou plusieurs commerces. Incidemment, le porte-parole du développeur 20Vic Retail, Abie Grunspan, affirme qu’une trentaine de commerces occuperont l’ensemble des neuf bâtiments qui totalisera 200 000 pieds carrés de superficie locative. Pour accueillir les consommateurs, quelque 800 cases de stationnements seront mises à leur disposition, lesquelles cases seront en partie camouflées par un encadrement bâti en continu le long du boulevard Le Corbusier de même qu’en bordure des voies de circulation bordant le terrain à ses extrémités nord et sud.
Provigo se retire
Par ailleurs, la chaîne d’alimentation Provigo qui, au printemps 2003, avait acheté un terrain de 200 000 pieds carrés pour y implanter un marché sous la bannière Maxi, s’est retirée.
Elle en a informé le Service de l’urbanisme le 15 décembre dernier. Une défection qui forcera le développeur à présenter au comité exécutif de la Ville une nouvelle demande de plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) pour la réalisation de la seconde phase dans la partie bordant l’autoroute 15.

Selon les prévisions de M. Grunspan, les 330 000 pieds carrés de superficie locative que renfermera à terme l’ensemble du projet devraient normalement avoir trouvé preneur dans un horizon de 12 à 24 mois.
Huit ans plus tard
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le centre-ville était attendu.

Il aura, en effet, fallu attendre huit ans bien comptés après l’annonce en grande pompe, en juin 1999, d’un projet de créer de toutes pièces un centre-ville pour voir naître le début de sa réalisation.
Le projet dont rêvait à l’époque la société en commandite Concorde/Souvenir, qui comptait pour principal actionnaire le Groupe Alexis-Nihon, est mort dans l’œuf. Incapable de rencontrer ses engagements de construire pour une valeur 105 M$ en bâtiments dans un délai de 6 ans, sous peine de coûteuses pénalités, la société se retrouva soudainement avec une dette de 3,5 M$ envers la Ville, montant totalisant les garanties bancaires déposées au moment de l’acquisition des terrains en juin 1999. Le coup de grâce viendra toutefois du prêteur hypothécaire américain, Lehman Brothers holdings, qui conteste l’arrangement alors conclu avec la Ville. Le recours en justice intenté par le créancier contre la société en commandite connaîtra son dénouement le 25 juin 2003 : le commandité, Groupe A.N. dirigé par Paul J. Massicotte, se voit aussitôt dépossédé de ses droits de gestion.

Le séquestre intérimaire, en l’occurrence Cap Gemini Ernst & Young, vendra en décembre 2004 le terrain à MM. Talbot et Lessard pour 10,9 M$. Deux ans plus tard, KingSett Capital, un promoteur immobilier torontois, rachetait le terrain à 19,6 M$.

(Photo: Martin Alarie)

Fichier: Photo page 3

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