Franc-parler et entêtement
Gilles Vaillancourt rend hommage à sa collègue de Québec
Comme plusieurs maires de la province, Gilles Vaillancourt considère qu'avec le décès d'Andrée Boucher, il perd une collègue colorée et reconnue pour son franc-parler.
«Elle était extrêmement colorée dans sa gestuelle, son langage et même dans ses vêtements», glisse avec une pointe d'humour le maire de Laval.
M. Vaillancourt considère que la mairesse de Québec et ancienne mairesse de Sainte-Foy était capable de franchise. «Mme Boucher exprimait et disait les choses comme elle les voyait. Elle était passionnée et elle a mené plusieurs combats», constate-t-il en soulignant le moment où Andrée Boucher a défié la volonté de la population de Sainte-Foy pour aller de l'avant avec son projet d'hôtel de ville.
«C'était une grande dame de la politique. Quand elle avait un objectif, elle prenait tous les moyens pour y arriver», dit celui qui n'a pas toujours partagé les vues de sa collègue.
Au moment des fusions municipales, alors que le maire de Laval faisait des discours favorables au projet aux quatre coins de la province, Andrée Boucher menait la contestation dans la région de la Capitale. «Elle n'aimait pas mon discours», se souvient Gilles Vaillancourt en ajoutant que malgré leurs divergences d'opinions, les deux élus avaient beaucoup de respect l'un pour l'autre.
Lorsqu'on lui demande s'il n'y a pas de contradiction dans le fait que celle qui s'est si férocement battue contre les fusions municipales soit devenue la première femme à accéder à la mairie de la grande ville, Gilles Vaillancourt répond: «Mme Boucher pouvait faire un virage à 180º. Ça faisait partie de sa personnalité et c'est ce qui la rendait intéressante. C'est une grande dame qui aura marqué l'histoire de la Ville de Québec.»
Vu de l'autre bout de l'autoroute 40, Gilles Vaillancourt considère que la mairesse de Québec n'avait pas la tâche facile puisqu'elle s'est fait élire sans équipe alors que les défis sont nombreux dans la nouvelle ville. «Il y a un besoin pour des réaménagements administratifs, il y a également l'organisation des fêtes du 400e anniversaire de la fondation de Québec», note-t-il.
UMQ
Alors qu'il était président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) de 1995 à 1997, Gilles Vaillancourt avait pour première vice-présidente Andrée Boucher, alors mairesse de Sainte-Foy. Le maire de Laval rapporte que sa collègue aurait dû lui succéder à la tête de l'organisation, mais que des différends avec son conseil municipal ont empêché Mme Boucher de parvenir à cette fonction. «Ses conseillers ont décidé de se retirer de l'UMQ, la privant de devenir la première femme à accéder à la présidence», raconte M. Vaillancourt.
C'est finalement à la mairesse de Drummondville, Francine Ruest-Jutras, qu'est revenu cet honneur en 2002.
Le maire de Laval assistera aux obsèques d'Andrée Boucher qui se dérouleront samedi, à la Basilique de Québec. Rappelons que la mairesse de Québec est décédée subitement le 24 août.
Photo:boucher
(Photo: archives Québec-Hebdo)