Sentiment d'abandonner ses défunts
La Lavalloise Renée Tiffault-Bédard suit le dénouement du conflit au cimetière Notre-Dame-des-Neiges avec intérêt. Voici maintenant deux mois et demi qu'elle attend, chez elle, l'annonce éventuelle de la possibilité de conduire son beau-frère à son dernier repos.
Après la perte de son mari, il y a quelques années, le frère de celui-ci était le dernier soutien de cette dame, elle-même malade. «Allez voir nos morts, c'est tout ce qui nous reste dans la vie et ça nous a été enlevé. C'est affreux. C'est une peine de trop.»
«C'est à moi que revient la tâche d'entretenir l'espace familial au cimetière et je ne peux même pas y aller. J'ai l'impression d'abandonner mes défunts. Je ne suis pas plus croyante qu'un autre, mais j'ai besoin d'aller me ressourcer auprès d'eux, ça me donne le courage de continuer», affirme la dame, une boule de tristesse dans la gorge.
Mme Tiffault-Bédard est d'avis que l'annonce de la reprise du travail est une bonne nouvelle, mais qu'une loi spéciale devrait être mise en place afin d'éviter une répétition. «Les conventions collectives viennent à échéance après trois ou quatre ans. J'ai d'autres gens qui vieillissent autour de moi, oui, j'ai peur que ça se reproduise.»
«C'est sûr que c'est psychologique, mais je vais pouvoir trouver un soulagement lorsque mon beau-frère pourra rejoindre les autres».
–Renée Tiffault-Bédard