Les députés libéraux de Laval reprennent le chemin de Québec. (Photo: archives)
Reprise des hostilités à Québec
Rentrée parlementaire mardi
À voir la fougue avec laquelle Michelle Courchesne parle de la rentrée parlementaire qui aura lieu mardi, on peut s'attendre à des flammèches à l'Assemblée nationale d'ici Noël.
Le retour des députés au salon bleu marquera également le retour de Pauline Marois, à titre de chef du Parti québécois, cette fois. Michelle Courchesne croit-elle que cela modifiera le ton des débats? «Nous restons dans un contexte de gouvernement minoritaire. Les débats à l'Assemblée nationale constituent le meilleur moment pour démontrer les orientations du gouvernement. Nous continuerons de défendre les intérêts économiques et démographiques et de gouverner avec autant de détermination», fait savoir la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, ministre de la Famille et ministre responsable de Laval.
Mme Courchesne reconnaît que la nouvelle députée de Charlevoix est une parlementaire qui «ne donne pas sa place et qui a de l'expérience». Elle fait cependant remarquer que cette dernière devra s'ajuster à son nouveau rôle de chef de parti. «Son défi sera de contrôler ses députés, de les garder unis et solidaires, ce qui ne fait pas parti de l'histoire du PQ», note la députée de Fabre.
Lorsqu'on fait remarquer à la ministre de l'Éducation que Mme Marois a déjà occupé les mêmes fonctions, Michelle Courchesne lance avec une pointe de sarcasme: «Ça me fera plaisir de parler du renouveau pédagogique avec elle!»
Du point de vue de la ministre libérale, les deux partis formant l'opposition à Québec ne font pas toujours preuve de cohérence. «Comment Pauline Marois réussira-t-elle à nous faire croire que son parti se détache de la souveraineté?» questionne Mme Courchesne.
La députée lavalloise se fait encore plus dure à l'endroit du chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont. «Il change d'idées tous les jours, il suit le courant du vent et il se contredit», dit-elle en ajoutant que le chef de l'ADQ n'est pas prêt à devenir premier ministre.
Michelle Courchesne rapporte que Mario Dumont a voté, il y a deux ans, en faveur d'une loi modifiant le mandat de la Caisse de dépôt et de placements afin qu'elle agisse dans l'intérêt de la caisse de retraite des Québécois. Cette semaine, le chef de l'ADQ déplorait la non-intervention de l'organisme pour bloquer la vente de certaines entreprises québécoises à des intérêts étrangers. «Il veut revivre la Gaspésia, Steinberg ou Vidéotron?» demande Michelle Courchesne.
«Nous allons continuer à poser les vraies questions à Mario Dumont. On ne se gênera pas pour lui retourner les questions», ajoute-t-elle.
Au programme
Parmi les sujets qui occuperont les parlementaires au cours des prochains mois, Michelle Courchesne ne prévoit pas d'enjeux qui nécessiteront un vote de confiance qui pourrait causer la perte du gouvernement libéral minoritaire.
En plus de parler de développement économique, les élus modifieront la Charte québécoise des droits et libertés afin d'assurer la primauté de l'égalité entre les sexes sur la liberté de culte. Pourquoi adopter cette recommandation du Conseil du statut de la femme avant la fin de la Commission Bouchard-Taylor? «Lorsqu'on écoute les témoignages, on constate qu'un consensus se dégage déjà sur cette question», justifie Michelle Courchesne.
Autre projet de loi qui devrait être adopté au cours de la prochaine session, la loi Anastasia sur le contrôle du port d'armes à feu. Le projet de loi auquel le gouvernement a donné le nom de la victime lavalloise de la fusillade du Collège Dawson est étudié en commission parlementaire depuis mercredi.
Celle qui a modifié les bulletins scolaires, dégelé les frais de scolarité à l'université et sorti la malbouffe des écoles fait savoir qu'elle se penchera dans les prochaines semaines sur le financement et la gouvernance des universités et sur le dossier des enfants en difficulté.
Elle indique qu'elle travaillera également sur l'amélioration de l'offre de formations en région afin de mieux répondre aux besoins de main-d'œuvre des entreprises. L'ancienne ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale promet des mesures précises et concrètes.
Dans le cas du ministère de la Famille, elle indique qu'elle est en planification et en réflexion.
«Nous allons continuer à poser les vraies questions à Mario Dumont.»
-- Michelle Courchesne, ministre