Les citrouilles sont rares dans les champs
Le puceron du soya a détruit la production
Dans bien des cas, les citrouilles que vous trouverez dans les kiosques de fruits et légumes de la région n'ont pas poussé dans les champs de Laval, un parasite ayant saboté la récolte des producteurs.
Si le puceron du soya n'a laissé à Jean-François Legault, de la ferme Les jardins Legault-Fournel, que 10 % de sa production normale, le parasite a tout ravagé à la ferme de Fernand Turcot. Les deux producteurs de Duvernay ont dû acheter des citrouilles chez d'autres fermiers pour alimenter leurs kiosques.
«Toutes les citrouilles ont été touchées, peu importe la variété, note M. Legault. Au lieu d'avoir quatre ou cinq fruits par plant, il n'y en avait qu'un et le calibre était inférieur. La récolte a vraiment été médiocre.»
Il constate également que les citrouilles qui se sont rendues à maturité ont des formes irrégulières et n'ont pas de jolis pédoncules. Cela n'affecte par contre pas le goût et la comestibilité du fruit. Le producteur rapporte que les citrouilles vendues servent principalement aux décorations d'Halloween.
Les deux producteurs interrogés estiment que l'infestation a été particulièrement importante cette année. «Il y a toujours eu un peu de pucerons, mais avant on avait le contrôle. Ça n'a pas été le cas cette année», observe Fernand Turcot. Il ajoute que ces plants de citrouilles ont été détruits alors qu'ils étaient encore en fleur. Celui qui avait semé deux acres de citrouilles estime ses pertes de revenus à 2000$.
Les fèves et les haricots ont également fait le délice des pucerons. Même si les dégâts ont été moins importants dans ces cultures, les deux producteurs relèvent une diminution de leur production. «Les plants ont séché en deux semaines. J'aurais pu avoir une plus grosse récolte», croit Fernand Turcot.
Parasite et virus
Les dommages causés aux productions ne sont pas seulement liés à la présence des pucerons. Le principal problème vient du fait que les parasites propagent des virus présents dans les semences. En prélevant la sève des plants, les pucerons injectent des virus comme celui de la mosaïque.
Si le puceron est porteur de la maladie, la transmission est instantanée dès qu'il s'alimente sur un autre plant. Les experts notent que les insecticides ne permettent pas d'éviter la transmission des virus.
Jean-François Legault croit que la seule présence des pucerons cause tout de même du tort à une production. «Les pucerons sucent la sève des feuilles ce qui a pour effet de faire friser les feuilles», dit-il. Ils peuvent également affecter le rendement des plants et même causer leur mort.
Originaire d'Asie, le puceron du soya mesure 1,5 mm de longueur et est de couleur jaune-vert. Il a été observé pour la première fois au Québec en 2001. En 2004, l'émission La semaine verte rapportait qu'en août 2001, le puceron était partout dans l'air de Toronto. On avait même dû stopper un match de baseball pour fermer le toit du Skydome.
M. Legault explique que les pucerons sont transportés par les vents chauds. En fait, les experts ont constaté que les femelles se mettent à pondre des bébés ailés lorsque la quantité de pucerons est trop grande dans un champ. Ainsi, les derniers nés peuvent s'installer dans un autre champ. Dans des conditions favorables, une femelle peut pondre six à huit bébés par jour. Dans un bulletin émis à la mi-juillet par Agri-Réseau, on rapportait que la population double en moyenne tous les deux ou trois jours dans les régions infestées.