L'impatiente du Cap: un indice pour qui cherche des tuyaux de rejet sanitaire. La plante aime l'humidité continue que lui procurent les effluents.
(Photo: Martin Alarie)
La Ville sait depuis 2001
Août 2001: le biologiste du CRE Laval, Richard Pelletier, débute l'inventaire des tuyaux de rejets sanitaires sur la rive de la rivière des Mille Îles, à l'est du pont de Terrebonne. Les résultats de deux semaines de ce travail ingrat sont remis au maire quelques semaines plus tard.
Entre les hautes herbes, les branchages et les pierres, les bottes s'agrippent entre deux trous vaseux, et l'impression de chercher une aiguille dans une botte de foin s'installe. Le plus souvent, c'est l'odorat qui vient à la rescousse et mène à la trouvaille: un tuyau de PVC de 15 cm de diamètre qui crache des rejets malodorants.
Le bilan de l'équipe de M. Pelletier s'élève à 84 conduits vraisemblablement branchés à des installations septiques. Des indices indiquent qu'il y a déversement d'eaux usées qui n'ont pas été traitées adéquatement dans 64 cas.
L'inventaire complet des tuyaux, les adresses civiques, des cartes et des photos sont remis «en mains propres» au maire, à l'automne 2001, affirme le directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) Laval, Guy Garand.
Inventaire exhaustif
L'année suivante, la Ville entreprend un inventaire des installations septiques de son territoire, un exercice qui s'étale sur deux ans. «La plupart des installations non conformes se retrouvent en bordure de la rivière dans le secteur de Saint-François», peut-on lire dans un bilan communiqué au comité exécutif le 1er mars 2005. Le document, réalisé en 2004 par le service de l'environnement, vient confirmer les observations du CRE Laval.
Des 197 installations fautives, 162 sont localisées dans ce secteur en 2002. D'autres problèmes sont repérés ailleurs dans l'est et dans l'ouest de l'île, en 2003 et 2004.
Plus de nouvelles
Dans le cadre des rencontres du comité de surveillance environnementale, qui réunissait, à partir de 2002, des représentants de la Ville, du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) et du CRE Laval, ce dernier était informé périodiquement de l'évolution du dossier des rejets sanitaires. Ce comité n'existe plus depuis 2004. Le suivi du dossier n'a plus jamais été communiqué à ses instigateurs.
Des appels logés par des citoyens et des visites sur le terrain, au cours des dernières années, suggéraient que le problème n'était toujours pas réglé sur la berge de Saint-François Est.
Le mois dernier, soit sept ans après l'investigation du biologiste Richard Pelletier, le directeur du CRE Laval, Guy Garand, accompagné de l'équipe du Courrier Laval, a refait en partie l'itinéraire de 2001. Le résultat des analyses de 10 rejets établissent que plusieurs équipements septiques rejettent un nombre faramineux de coliformes fécaux à l'air libre.
«Au XXIe siècle, il n'est plus acceptable de polluer et personne n'a de droit acquis pour polluer, souligne M. Garand. Je crois que des actions visant à éliminer ou à atténuer les effets des rejets des eaux usées devraient être mises en place, en priorité à la source. Il faut utiliser les meilleures techniques connues aujourd'hui et ce, peu importe le coût.
«Il faut aussi penser à la capacité d'absorption des écosystèmes», fait-il remarquer. À l'extrémité de la rue Tourville, où plus de 60 000 coliformes fécaux par 100 ml s'égouttent d'un tuyau connecté à plusieurs maisons, la qualité de l'eau de la rivière est pitoyable. Cet été, le taux de coliformes mesuré en rive par Québec dépassait les 2000, deux fois sur trois. Le 23 juillet, le taux a atteint 10 200.
«Chaque écosystème a une capacité d'absorption et une capacité de filtration pour tous les intrants. Mais au-delà de ses capacités, l'écosystème se transforme, et pas nécessairement pour le mieux. On peut voir l'apparition de cyanobactéries, la perte d'espèces animales et végétales, etc. Une espèce qui disparaît est une espèce qui disparaît pour toujours, et alors, notre biodiversité est affectée.»
martin hogue
Commentaire mis en ligne le 14 octobre 2007on commence a etre habitué...le maire dors au gaz a laval...il est temps que toute son equipe prenne leurs retraite!!