Une question d'argent
Depuis le début des années 1980, les municipalités ont la responsabilité d'appliquer le Règlement provincial en matière d'évacuation et de traitement des eaux usées des résidences isolées, comme à Saint-François. Mais en bout de piste, c'est le citoyen qui doit puiser dans ses goussets.
Les programmes de subvention pour la mise aux normes des équipements privés sont inexistants. «Je n'en connais pas au MDDEP [ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs]», concède Pierre Robert, directeur régional du Ministère.
«Il n'y a pas de programme spécialisé pour les résidences isolées, admet également Pierre Verge, conseiller en communications au ministère des Affaires municipales et des Régions. Rien n'empêche la Ville de mettre en place un programme pour répondre à ce besoin.»
«Nous, on doit gérer le problème, mais il faut qu'on ait l'argent», fait valoir le porte-parole de la Ville, Marc Laforge. «On n'a pas les subsides nécessaires et pas beaucoup de citoyens ont l'argent pour payer une fosse septique aux normes, ajoute Jacques Saint-Jean, conseiller du district de Saint-François. Je déplore la situation, mais quand on n’a pas de crédits, on fait quoi?»
Des subventions sont offertes, par exemple, par le Fonds sur l'infrastructure municipale rurale (FIMR), pour l'installation de systèmes d'égouts municipaux. Dans le cas de Saint-François Est, l'éloignement et la faible densité de la population excluent cette option, qui serait très coûteuse.
Dans les conditions habituellement observées en bordure de la rivière des Mille Îles, dans ce secteur (sol imperméable et terrains exigus), un système de traitement peut coûter entre 8000$ et 9000$, estime Luc Meunier, propriétaire de Luc Meunier excavation, à Saint-François. Lorsque les choses se compliquent et qu'un système de pompage est requis, la facture peut monter jusqu'à 12 000$, dit-il.
Pour les citoyens, pas de marge de manœuvre possible, si leur équipement actuel rejette des polluants dans l'environnement. «Le citoyen doit remplir son devoir civique en respectant la Loi et le Règlement», peut-on lire dans un guide technique de la Direction des politiques de l'eau du MDDEP.
Il doit également «entretenir le dispositif [...] desservant sa résidence».
«Je déplore la situation, mais quand on n’a pas de crédits, on fait quoi?»
-- Jacques Saint-Jean, conseiller municipal
La suite de notre dossier sur les rejets sanitaires dimanche prochain