Un comptoir alimentaire en cas d’urgence
Les gens vivant dans l'insécurité alimentaire ont désormais droit à un comptoir alimentaire alternatif. Le 10 octobre, le Centre de bénévolat de Laval a procédé à l'ouverture officielle du nouveau service d'aide alimentaire d'urgence.
Le Centre de bénévolat de Laval octroyait auparavant des boîtes de nourriture présélectionnée à la population en besoin. Accompagnés d'un bénévole, les gens sillonnent désormais une rangée de biens dans l'entrepôt de l'organisme pour effectuer leurs propres choix alimentaires.
«On veut permettre aux gens d'aller chercher des aliments qu'ils vont vraiment consommer», précise Sylviane Marchand, responsable du service d'aide alimentaire d'urgence. Une mesure entreprise pour freiner le gaspillage, respecter les besoins alimentaires de chacun et les différentes cultures. «Quand on vient d'un autre pays, et c'est la réalité lavalloise aujourd'hui, la façon de s'alimenter n'est pas la même que celle des gens natifs de la place. On n'a pas aménagé le comptoir en fonction de ça, mais les gens peuvent ne pas choisir certains aliments, conformément à des restrictions dans leurs croyances, par exemple.»
L'an dernier, 5009 dépannages alimentaires d'urgence ont été effectués par le Centre de bénévolat de Laval pour la population de l'île Jésus. Au total, 3795 adultes et 3609 enfants ont bénéficié du service.
Les personnes dans l'impossibilité de se nourrir ou de nourrir leur famille pour diverses raisons (manque de revenu, problèmes de mobilité) sont en théorie éligibles au service. Une évaluation au téléphone se fait cependant au préalable. «Quand on visite une banque alimentaire, c'est la pointe de l'iceberg, précise Sylviane Marchand. On a des problèmes complexes et multiples. Au téléphone, on analyse la situation des gens, s'ils ont des problèmes de dépendances, de violence conjugale. On vérifie avec eux s'ils ont déjà des ressources. Si la situation du demandant ne rejoint pas le mandat du service, on doit le référer à d'autres ressources.».
Le comptoir alimentaire est un service de dépannage. On ne peut pas y avoir accès de façon régulière. Les gens doivent modifier des habitudes de vie afin d’enrayer les problèmes qui les placent dans une situation d’urgence alimentaire. Des problèmes qui résultent souvent d’une désorganisation.
«On regarde comment les personnes font leur budget. Il y a peut-être une façon de réduire certaines dépenses, d'en éliminer s'il le faut. Il y a des gens qui viennent ici, des familles même, qui ont accepté de rayer l'auto de leur vie pour un an, deux ans.»
Un problème d'accessibilité
Si le projet du Centre de bénévolat semble vertueux, n'en reste pas moins que l'accessibilité à ses services demeure, pour certains gens, limitée. Le Centre se situe à Chomedey, mais couvre le secteur lavallois en entier, à l'exception de Laval-sur-le-lac.
«Des intervenants secondaires ou des connaissances peuvent venir chercher les biens, s'ils ont été référés au téléphone dans un premier temps par la personne dans le besoin», signale Sylviane Marchand.
L’accès à l'alimentation est une difficulté dans certains quartiers de Laval, souligne par ailleurs Alexandre St-Denis, de la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Laval. «Le Vieux Sainte-Rose, par exemple, cause problème pour les personnes âgées qui ont de la difficulté à se déplacer. Le seul supermarché du coin a fermé ses portes pour aller s'établir le long de l'autoroute 15. Ce n’est pas tout le monde qui a une voiture.»
Les popotes roulantes, les jardins et les cuisines collectives sont d'autres services offerts aux gens vivant dans l’insécurité alimentaire.
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BV: Les gens sillonnent désormais une rangée de biens dans l'entrepôt du Centre de bénévolat de Laval pour effectuer leurs propres choix alimentaires. Une mesure prise notamment pour freiner le gaspillage. (Photo: Martin Alarie)