Ne touchez pas!
Des ruisseaux contaminés à Sainte-Rose
Il n’y a pas que des fosses septiques qui rejettent des eaux contaminées aux coliformes fécaux à Laval. L’enquête menée par le <@Li>Courrier Laval<@$>, dont la publication s’amorçait le week-end dernier, démontre que même en présence d’égouts municipaux, des problèmes perdurent.
Les prélèvements n’ont pas été faits au hasard. Le travail de caractérisation des cours d’eau de Laval, mené par le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval depuis l’été 2006, permettait de supposer que certains cours d’eau n’étaient pas fréquentables.
«Contamination importante»
Les prélèvements réalisés par la firme Enviro Data pour le compte du <@Ri>Courrier Laval<@$>, le 19 septembre, mènent à des résultats désolants. L’eau de deux ruisseaux testés dans le secteur Sainte-Rose révèle des taux de coliformes fécaux (également désignés par l’acronyme UFC, qui signifie «unités formant des colonies») trop élevés pour qu’on y touche sans risque.
Des concentrations de 4000 et 7000 UFC ont été enregistrées dans le ruisseau Desjardins, à la jonction de l’A-15 et du boulevard Sainte-Rose et dans le ruisseau Sainte-Rose, rue du Lac-de-Mai, dans un secteur résidentiel à l’est de l’A-13.
Un peu plus à l’ouest, dans le même ruisseau Sainte-Rose, rue d’Osaka, l’eau prélevée contient plus de 60 000 UFC. Après cette limite, les coliformes ne sont plus dénombrés par le laboratoire.
Dans ces trois cas, l’odeur distinctive des déchets de toilettes était absente. «L’odeur n’a rien à voir» fait remarquer Benoît Lamoureux, biologiste et président de la firme Enviro Data.
Selon les prescriptions du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) pour les usages récréatifs de l’eau, une concentration de plus de 1000 UFC par 100 ml compromet tout contact direct.
Sur le site du ministère des Affaires municipales et des Régions, on peut lire qu’«un dénombrement supérieur à 2000 UFC» correspond à «une contamination importante» qui devrait être éliminée en priorité.
Surverses
La contamination du ruisseau Sainte-Rose n'est pas une surprise pour la municipalité. «Ce cours d’eau a fait l’objet de plusieurs interventions de réhabilitation et de nettoyage, précise le porte-parole de la Ville, Marc Laforge. Il est suivi annuellement avec le MDDEP. Les milieux humides font leur travail et filtrent l’eau. La qualité de l’eau rejetée à la rivière des Mille Îles est très bonne et rencontre les critères d’une eau de surface», assure-t-il.
Comment expliquer les taux de coliformes si élevés?
Une hypothèse est avancée. Des conduites pluviales qui aboutissent dans le cours d’eau «reçoivent à l’occasion des rejets sanitaires occasionnés par des surverses, explique M. Laforge. Il existe quatre ouvrages de surverse en amont.» L’accumulation de sédiments contaminés dans ces conduites expliquerait les hauts taux de coliformes.
Des surverses adviennent lors de pluies abondantes. Il s’agit d’excédent d’eaux usées, pouvant contenir des rejets sanitaires que l’usine d’épuration, saturée, ne peut traiter.
Une explication similaire est fournie par la Ville pour les résultats obtenus dans le ruisseau Desjardins.
Les analyses ont été effectuées par le laboratoire Maxxam Analytique, certifié par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, pour le Courrier Laval.
(Photo: ruisseau Desjardins)
À l’angle de l’A-15 et du boulevard Sainte-Rose, le ruisseau Desjardins. Avec 7000 coliformes par 100 ml, mieux vaut ne pas toucher l’eau.
(Photo: Martin Alarie)