Les responsables de l'alimentation des CPE doivent prendre en compte les restrictions de tous les enfants quand vient le temps de préparer les repas.
(Photo: Martin Alarie)
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Apprendre à vivre avec les allergies alimentaires - 2e prix, Santé, Hebdos Québec
«Il ne faut pas dramatiser. C'est un nouveau mode de vie et une nouvelle façon de s'alimenter, mais vaut mieux cela que le cancer.»
C'est l'attitude que Josée Dufour a adopté face aux allergies alimentaires de son fils Philippe, 6 ans et de sa fille Catherine, 4 ans. Si la cadette est intolérante aux bananes, son frère est très allergique aux œufs, aux substances laitières, aux noix, aux arachides, aux poissons et aux fruits de mer.
Philippe a eu sa première réaction allergique à six mois. Sa mère qui l'avait allaité jusque là commençait à lui donner des biberons. Voyant que son bébé enflait du visage, Mme Dufour l'a transporté à l'urgence. «Quand nous sommes arrivés à l'hôpital, il était comme un ballon de football, il avait enflé de partout.»
Les allergies de Philippe sont à ce point sévères que s'il s'essuie le visage avec la débarbouillette de sa sœur qui a mangé un gâteau contenant des allergènes, des rougeurs apparaissent.
Étant donné que son fils était allergique, Josée Dufour a écarté les aliments allergènes de son alimentation lorsqu'elle était enceinte de Catherine et quand elle l'allaitait.
Garderie
Afin de minimiser le risque de réactions allergiques, la maman de Philippe a choisi de le confier à un service de garde en milieu familial. Les choses n'ont pas été faciles pour autant. Sans l'admettre ouvertement, les responsables trouvaient que les allergies du petit garçon étaient lourdes à gérer.
«Ça nous a fâchés. Je reconnais que c'est du travail, mais ce n'est pas si dramatique. C'est un autre mode de vie. De toute façon on n'a pas le choix, ce n'est pas une option. S'il mange quelque chose auquel il n'a pas le droit, ce n'est pas une intolérance qu'il fera, c'est un choc anaphylactique», rappelle Mme Dufour.
Après avoir fourni le repas de son fils aux garderies qu'il fréquentait, Josée Dufour a finalement trouvé une gardienne ouverte à changer sa façon de cuisiner. «Je lui ai prêté mon livre de recettes pour qu'elle apprenne à modifier certains mets.»
Mère d'une fillette allergique aux œufs, Christine Bourdeau préfère les milieux de garde qui avisent d'emblée qu'ils n'acceptent pas les enfants ayant des allergies alimentaires. «J'aime mieux ça à quelqu'un qui trouve d'autres excuses», dit-elle en admettant que certaines personnes peuvent être mal à l'aise avec la gestion des allergies. «Il suffit de savoir quoi vérifier», souligne-t-elle en rappelant que les allergies ne sont pas des caprices alimentaires.
Maintenant que son enfant fréquente un CPE, Mme Bourdeau considère qu'il est plus facile de gérer les allergies de sa fille. «Les responsables savent faire un menu sans allergène et comme il y a plusieurs enfants allergiques, ils sont plus habitués», constate-t-elle.
Quant à Philippe, il n'a jamais fréquenté un service de garde en installation. «Lorsque ma fille était encore sur une diète préventive, elle a mangé des œufs à deux reprises avant que je lui en aie donnés, raconte Josée Dufour. Si c'était arrivé à Philippe, il ne s'en serait pas tiré.»
Éducation
Pour Josée Dufour et Christine Bourdeau, l'éducation est importante. En plus d'apprendre à cuisiner avec les substituts, les deux mères croient qu'il est important d'informer les enfants et de leur faire confiance.
«Je ne voulais pas être une mère qui s'angoisse avec les allergies et qui transmet ses peurs à son enfant», affirme Josée Dufour. Elle a appris à son fils à demander la permission avant de manger quelque chose. Maintenant qu'il est à la maternelle, le jeune garçon apprend ce à quoi il a droit, et ce qu'il ne peut pas manger, en préparant son lunch avec sa mère.
Si les allergies obligent les parents à lire toutes les étiquettes et compliquent les sorties au restaurant, Josée Dufour constate que cela oblige à revenir à une cuisine plus simple.
Mme Dufour ne veut pas que les gens prennent son fils en pitié parce qu'il ne peut pas manger quelque chose. «Le chocolat, par exemple, j'ai en cherché qu'il pourrait manger, mais il n'en veut pas. C'est sa sœur qui le mange!» dit-elle en riant.