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Le CRE Laval tend la main à la Ville

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 28 octobre 2007 à 5:00
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Le CRE Laval tend la main à la Ville
Un exemple de cours d'eau mal en point: le ruisseau Woodwork, à Fabreville. (Photo: courtoisie)
Le CRE Laval tend la main à la Ville
La problématique des rejets sanitaires est un exemple de ce qui pourrait faire l'objet d'une collaboration entre la Ville et le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval. Les ponts sont cependant coupés depuis 2004, déplore le directeur de l'organisme.
Entre 2002 et 2004, une telle collaboration existait, via le Comité de surveillance environnementale, qui regroupait des représentants de Ville de Laval, du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) et du CRE Laval.
Agent de veille
Ce comité n'existe plus. Une situation regrettable, selon le directeur du CRE Laval. Il souligne qu'en vertu d'un protocole d'entente de partenariat entre son organisme et le MDDEP, son organisme est investi d'une mission de veille stratégique environnementale. «On pourrait créer des ententes spécifiques [avec la Ville]. Le CRE deviendrait un agent territorial de veille.»
Ce genre de collaboration est d'ailleurs préconisé par le ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR), afin de mettre fin aux déversements de rejets sanitaires dans l'environnement. Dans un guide élaboré à l'attention des municipalités, il identifie les organismes environnementaux comme des partenaires potentiels dans la chasse aux branchements inversés.

«L'histoire nous démontre qu'il y a eu de nombreuses occasions pour illustrer la collaboration entre la Ville et le CRE, commente le porte-parole de Ville de Laval, Marc Laforge. Cependant, la responsabilisation, l'implication et la collaboration des citoyens sont les facteurs de succès les plus importants.»
Cour d'eau sous la loupe
Hormis les informations fournies par des citoyens, qui leur ont signalé de nombreux rejets sanitaires, le CRE Laval compte sur sa propre expertise pour déceler les anomalies.
Un projet de caractérisation des cours d'eau lavallois, amorcé par l'organisme à l'été 2006, a permis de constater le piteux état de certains d'entre eux. «Il y a beaucoup de dégradation, beaucoup de modifications: canalisations, redressements et aménagements, qui détruisent le caractère "naturel" des cours d'eau à Laval», remarque Richard Pelletier, biologiste du CRE et responsable du projet qui se poursuit encore cette année. À ce jour, 80 km ont été caractérisés.

Le Courrier Laval a commandé l'analyse de l'eau de deux de ces cours d'eau intérieurs. Les échantillons, prélevés à trois endroits, ont révélé des taux de coliformes fécaux anormalement élevés.

L'objectif de la caractérisation est toutefois centré sur la description physique (rives, turbidité de l'eau, présence d'érosion) et biologique (faune et flore), explique Richard Pelletier, qui déplore le peu de suivi des cours d'eau à Laval. «À Montréal, il existe un suivi et un rapport annuel sur le bilan environnemental de qualité des cours d'eau», compare-t-il.
Inquiétude
Peut-on croire que d'autres cours d'eau puissent présenter être contaminés? À la lumière des indices décelés sur le terrain, M. Pelletier répond par l'affirmative.
«Les ruisseaux passent dans des quartiers résidentiels, industriels et commerciaux, fait remarquer Guy Garand. Des odeurs et des nappes d'huile ont été observées.» Le directeur du CRE donne l'exemple du ruisseau Lapinière, qui naît aux abords de la voie ferrée du Canadien Pacifique, traverse l'autoroute 19, le Boisé Papineau et l'autoroute 25, avant de se jeter dans la rivière des Prairies, à l'est du vieux pénitencier. «Je serais curieux de faire l'analyse de ça», lance M. Garand.

L'inquiétude du CRE pour la qualité des ruisseaux lavallois s'étend à la zone agricole, où ces cours d'eau servent au drainage et à l'irrigation. «C'est la salubrité alimentaire qui est en jeu», affirme M. Garand, qui croit qu'il serait nécessaire de procéder à l'analyse de l'eau de tous les ruisseaux.

(Photo: ruisseau Woodwork II)

(Photo: courtoisie)

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