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Courrier Laval
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Encore du chemin à faire

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 28 octobre 2007 à 6:01
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Encore du chemin à faire
(Photo: Martin Alarie)
Encore du chemin à faire
La Politique nationale de l'eau préconise la réduction, voir l'élimination des rejets sanitaires dans l'environnement en 2010, au plus tard. À la lumière de l'enquête du Courrier Laval, beaucoup de travail reste à faire sur l'île Jésus.
Les engagements du Québec, en matière d'assainissement des eaux usées municipales, concernent, entre autres, les surverses (rejets d'eaux usées non traitées en temps de pluie) dans les cours d'eau intérieurs, les rejets d'installations septiques et les branchements inversés.

Trois phénomènes qui sont à l'origine de taux de coliformes faramineux dans de l'eau prélevée par le Courrier Laval à la sortie de tuyaux d'équipements septiques, d'un émissaire et de ruisseaux intérieurs, à Saint-François et Sainte-Rose.

Au chapitre des branchements erronés, comme celui débusqué à Sainte-Rose (voir autre texte en p. 30), la Ville «a fait l'analyse de tous les secteurs de Laval dans les années 1980», indique le porte-parole de la municipalité, Marc Laforge.

Afin de contrer le problème, Laval dit procéder régulièrement à l'inspection des stations de pompage, des points de surverse et des zones de contrôle. Dans le cas des nouveaux développements, les raccordements sont vérifiés avant que la tranchée ne soit refermée par les promoteurs. Enfin, les propriétaires qui exécutent des travaux de raccordement doivent aviser la Ville afin qu'une inspection soit effectuée.

Les informations fournies par les citoyens «nous permettent d'intervenir et peuvent contribuer à remonter aux sources et déceler des situations de mauvais branchement», ajoute M. Laforge. La Ville ne dispose cependant d'aucun plan formel d'intervention en lien avec la Politique nationale de l'eau.

Or, celle-ci spécifie l'obligation des municipalités à adopter un plan d'action afin d'éliminer ces branchements inversés. «La politique en question n'est pas adoptée par l'Assemblée nationale», affirme le porte-parole de la Ville de Laval.

Vérification faite auprès du Parlement, ce genre de document n'est pas nécessairement adopté par décret par l'Assemblée nationale. Dans le rapport annuel de gestion 2003-2004 du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), responsable de la mise en œuvre de la Politique, on précise néanmoins que la Politique a été «adoptée en novembre 2002». En 2005, 13,5 M$ avaient déjà été engagés dans le volet assainissement pour les municipalités du Québec, dont 5 M$ pour réduire la fréquence des surverses.

Au ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR), partenaire du MDDEP dans la mise en oeuvre de la Politique, on admet qu'un guide rédigé à l'attention des municipalités pour éliminer les branchements inversés «n'a pas encore été envoyé aux municipalités. Il est actuellement disponible sur notre site, mais n'a pas encore été mis en vigueur», explique un porte-parole du Ministère, Pierre Verge.
Des outils
C’est en fait deux ouvrages que le MAMR a rédigé à l’attention des municipalités: un guide d’élaboration d’un plan d’action pour l’élimination des raccordements inversés, et un guide méthodologique pour la recherche et l’élimination de ces branchements fautifs.
Mettre le doigt sur la source du problème, lorsqu'on fait face à un raccordement inversé n'est pas toujours évident, admet-on d’emblée. La démarche suggérée s'amorce par l'inspection des exutoires (conduits recevant l’eau de pluie et de ruissellement) et peut aller jusqu'à l'inspection vidéo du réseau d'égout, en passant par l'utilisation de colorant. L'analyse en laboratoire des coliformes fécaux présents dans l'eau fait partie des étapes à suivre.

Après avoir inspecté les regards d'égout (trous d'homme) jusqu'au CLSC Sainte-Rose, c'est la méthode du colorant qui a permis aux employés de la Ville de confirmer la source du problème. Mélangé à la chasse d'eau, le produit qui fraye son chemin jusqu'au tuyau, sur la berge de la rivière des Mille Îles, ne laisse plus l'ombre d'un doute.

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