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Les saisons d'Angèle Dubeau et La Pietà

par Benoit LeBlanc
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Article mis en ligne le 31 octobre 2007 à 11:43
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Les saisons d'Angèle Dubeau et La Pietà
Angèle Dubeau et La Pietà ont dix ans. (Photo: Martin Alarie)
Les saisons d'Angèle Dubeau et La Pietà
Pour souligner son 10e anniversaire, La Pietà, l'orchestre fondé par la violoniste Angèle Dubeau, entreprend une grande tournée nord-américaine de plus de 35 concerts.
Saint-Saëns, Bizet, Boccherini, le concert regroupera des œuvres ayant marqué le parcours de l'ensemble. Des œuvres originales sont aussi prévues au programme, dont l'une du Japonais Joe Hisaishi, et une autre de François Dompierre.

Pour l'orchestre, des compositeurs québécois ont aussi revisité le concept des quatre saisons de Vivaldi.

«À l'exemple de notre dernier disque, Un conte de fées, j'avais le goût de me faire plaisir, avec des mélodies arrache-cœur. Pour revivre tout l'esprit de La Pietà, je suis allée chercher des femmes à la fois virtuoses et d'un haut degré en valeur humaine», raconte Angèle Dubeau, une pionnière en matière de musique classique au Canada.

Avec plus de 200 000 disques vendus depuis 1997, La Pietà détient le record de ventes pour un orchestre de musique classique au Canada. Peu surprenant, quand on sait que leur fondatrice possède elle-même deux disques d'or (50 000 albums vendus), fait exceptionnel pour l'Amérique du Nord en musique classique.
Mémoire de Vivaldi
«Dix mois par année, je parcourais le monde entier, invitée par des orchestres de partout. Cette solitude me pesait. J'avais envie de retrouver le plaisir de partager la scène avec d'autres, tout en laissant la première place à la soliste», raconte Angèle Dubeau, sur les motivations qui l'ont amenée à créer son orchestre féminin il y a dix ans.
Le nom, La Pietà, est un hommage direct à Vivaldi. Le compositeur italien enseignait aux jeunes filles de La Pietà, l'orphelinat de Venise. «Il y a aussi qu'en tant que soliste, tu as droit à une heure de répétition avec l'orchestre et une petite générale avant le concert. Je voulais avoir le temps de bien travailler collectivement la musique de mon choix», indique celle qui joue d'un violon authentifié Stradivarius (1733).
30 ans de carrière
Mentionnons que dès ses débuts, à l'âge de 15 ans, Angèle Dubeau a beaucoup travaillé pour rendre accessible une musique que plusieurs considéraient élitiste. Voire austère. Elle n'a pas hésité à participer aux émissions télévisuelles les plus populaires, se présentant aux Bou Bou, Tannants et compagnie.
«Et je me suis mise à parler de la musique sur scène. Les gens ont pris conscience que cette musique prenait chair pour eux. C'est pourquoi, devenue enceinte, j'ai écrit un concept d'émission télé il y a une douzaine d'années (Faites vos gammes). De manière à entrer dans le salon des gens avec ma musique.»

D'aucuns se rappelleront finalement du choc qu'a causé l'album Let's dance en 1999, où «sans changer le sérieux de la préparation, l'enrobage musical est devenu plus rock'n'roll». Un métissage entre musiques classiques et populaires, encore à la mode en 2007.
Angèle Dubeau et La Pietà fêtent leur 10e anniversaire au Théâtre Marcellin-Champagnat (275, rue Laval), le jeudi 1er novembre, à 20h. Information: 450 667-2040.



PHOTO DIGITALE AngeleDubeau

(Photo: Martin Alarie)
«J'avais le goût de me faire plaisir, avec des mélodies arrache-cœur»
– Angèle Dubeau

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