Le groupe du Congo-Brazzaville Lang'i apporte ses couleurs et le soleil sur scène.
(Photo: Martin Alarie)
Chanter le mélange des langues et l'unité des peuples
Première tournée canadienne pour Lang'i
Avec son premier album lancé en 2006, Nto le ruisseau, la formation de Brazzaville Lang'i vient nous faire connaître ce que les Congolais font chez eux, en chantant dans plusieurs de leurs langues nationales, en plus du français et de l'anglais.
Lang'i signifie «couleur» en lingala, l'une des langues parlées en République démocratique du Congo. Pour qui s'intéresse aux rythmes d'Afrique, le groupe n'est plus inconnu, lui qui aime aussi adresser des clins d'œil à la rumba, la salsa et à d'autres styles musicaux tels le jazz et le gospel.
«Nous allons brasser beaucoup d'émotions! À l'image du terroir musical congolais, allant de la tristesse à la joie. Nous allonbs garder l'identité du groupe, avec un duo de chanteurs aux voix particulières, celles d'Oupta, la fille de Brazzaville, et de Keben le Français. Le tout appuyé par la recherche dans notre musique traditionnelle et nos connaissances des styles occidentaux», lancent les membres du groupe rassemblés dans une salle de leur hôtel montréalais. Ils sont à peine remis du décalage, eux qui ont mis les pieds au Québec le 3 novembre.
«Un truc de sûr, nous apportons nos couleurs et le soleil sur la scène», affirment-ils d'une seule voix.
Métissage et unité
«Devant les guerres ethniques qu'a connues le Congo, nous multiplions les langues, pour mettre tous les gens à l'aise. Pour faire preuve de diversité, d'ouverture et affirmer l'unité. Affirmer que nous sommes tous frères», lâchent Oupta, seule présence féminine du groupe, et Kében, seul blanc de la formation.
Tous originaires du Sud, les musiciens de Lang'i ont d'ailleurs tenu à traduire en Mbochi, une langue du Nord, l'une des pièces de leur album, Na Wo Tsétsa. Cette chanson est un conte populaire Kongo popularisé dans les années 60 par un grand artiste du pays africain, Jacques Loubelo.
Universel
Le drame des enfants abandonnés au sortir de la guerre civile, le tabou des mariages refusés par les familles si la femme est handicapée, même suite à l'agression d'un homme, «alors que selon nos vieilles lois, un homme qui blesse une femme est obligé de la marier», Lang'i n'hésite pas à dépeindre les réalités congolaises. Sans délaisser le Monde. @R:«Nous ne voulons pas que dénoncer les injustices ayant cours chez nous. Ces histoires se déroulent partout, elles sont universelles», racontent Murphy, Willy et Jess, respectivement claviériste, bassiste et percussionniste.
Jeux de la Francophonie
En décembre 2005, les membres de Lang'i peuvent se vanter d'avoir été les seuls médaillés, parmi les participants congolais des Jeux de la Fancophonie de Nimey, au Niger. Ils ont rapporté le bronze. «C'était un challenge, nous y allions pour l'or. Mais l'on a créé de bonnes relations avec d'autres musiciens, spécialement ceux qui ont gagné l'argent [le Maroc] et l'or [la Belgique]», se souviennent-ils.
Créé en 2003, Lang'i a aussi reçu le Tam-Tam d'or du meilleur spectacle congolais en 2006, en plus d'être finaliste dans la catégorie «Musiques du monde» des Découvertes de Radio France international. Cette tournée canadienne est une première en continent nord-américain.
La formation congolaise Lang'i sera à la Maison des arts de Laval (1395, boulevard de la Concorde Ouest) le lundi 12 novembre, à 20h. Information: 450 667-2040.
PHOTO DIGITALE LangI
(Photo: Martin Alarie)
«Nous allons brasser beaucoup d'émotions! À l'image du terroir musical congolais, allant de la tristesse à la joie»
– Lang'i