L'avenir des commissions scolaires se jouera d'ici la prochaine élection
«Il y a d'autres instances démocratiques où il n'y a pas tant de participation le jour du vote. Les élections dans les CLSC, par exemple. Est-ce qu'on va éliminer la société civile pour ça?»
La question est lancée par la nouvelle commissaire de la Commission scolaire de Laval (CSDL) dans l'Abord-à-Plouffe, Danielle Gratton. «Si on remplaçait les commissions scolaires, il faudrait recréer quelque chose, croit-elle. Les choses ne se font pas toutes seules.»
À la lumière du taux de participation, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a annoncé le lancement d'un «chantier de réflexion» sur la démocratie scolaire. Dans son communiqué, la ministre indique que l'objectif est «d'explorer des voies de modernisation de la gouvernance scolaire pour mieux l'adapter aux attentes et aux exigences de la population».
La présidente sortante de la CSDL, Francine Charbonneau, estime qu'il ne faut pas juger l'intérêt de la population pour son palier de gouvernement par la participation au vote. «Quand c'est le temps de poser des questions, les parents viennent voir le conseil des commissaires», fait-elle remarquer. Elle ajoute que contrairement aux conseils d'établissement qui prennent des décisions «plus émotives», les élus scolaires ont une vision d'ensemble et voient à la répartition équitable des ressources.
Abolition ou fusion
Quant à la proposition du chef de l'ADQ d'abolir les commissions scolaires et de confier leurs responsabilités aux municipalités, Mme Charbonneau estime que ces dernières ne sont pas prêtes. «Le personnel de la Commission scolaire ne chôme pas», soutient-elle. D'un point de vue économique, elle juge que cette proposition n'apporte pas de gain puisque les employés municipaux ont des salaires plus élevés que ceux de la commission scolaire.
Le nouveau commissaire de Saint-François, Robert-André Alexandre, souligne que certaines commissions scolaires couvrent un territoire comptant plusieurs municipalités. Si la CSDL ne dessert que l'île Jésus, ce n'est pas le cas de son pendant anglophone qui s'étend de Laval à Mont-Laurier et jusqu'à Joliette.
Neuf ans après la déconfessionnalisation et le regroupement des commissions scolaires, Marie Malavoy, du Parti québécois, propose de diminuer le nombre de commissions scolaires au Québec. «Je suis surprise par cette proposition. Les fusions ont eu un impact, on commence à être une vraie commission scolaire», note Francine Charbonneau.
Même si elle croit que le débat ne sera jamais clos, Mme Charbonneau croit que des changements se seront opérés d'ici la prochaine élection prévue en 2011.
Participation
Pour les deux circonscriptions en élection à la CSDL, le taux de participation a été de 5,23 %. Au total, 1279 personnes se sont présentées au bureau de vote. Pour l'ensemble de la province, le taux de participation a été de 7,9 %. Il était de 8,4 % lors de l'élection de 2003.
Du côté de la commission scolaire anglophone Sir-Wilfrid-Laurier, l'équipe du président sortant Steve Bletas a remporté 14 des 19 sièges de commissaires. Sur le territoire de Laval, son équipe a récolté six des neuf postes.
Les électeurs à la commission scolaire anglophone ont été plus nombreux à sortir voter. Le taux de participation a été de 16,1 %. Pour l'ensemble des commissions scolaires anglophones, il est de 16,7 % et il était de 14,6 % à la dernière élection.
«Si on remplaçait les commissions scolaires, il faudrait recréer quelque chose.»
-Danielle Gratton, commissaire de l'Abord-à-Plouffe