Un homme en devenir nommé Romain Gary
En adaptant pour la scène le roman de Romain Gary La promesse de l'aube, le cinéaste André Melançon réussit l'une de ses rares incursions du côté du théâtre, avec pour thème central le lien puissant entre une mère et son fils unique.
Une butte de sable sur une plage méditerranéenne de France. Une mère comédienne partie de la lointaine Russie pour favoriser le sort de son fils, sur qui elle reporte tous ses rêves et tout son amour. Tous ses sacrifices. La naissance du destin fabuleux de Romain Gary, l'un des écrivains les plus originaux du 20e siècle. Pendant deux heures, le public assiste au cheminement d'un jeune garçon apprenant les rouages et passions de la vie.
«Nina Borisovskaia est une mère qui transporte ses rêves dans la tête de son fils, pour qui elle a une grande admiration. Elle veut qu'il devienne un grand artiste. J'avais peur de tomber sur une mère étouffante. C'est plutôt une femme qui a beaucoup lu, qui s'exprime avec humour et chaleur», raconte Andrée Lachapelle, déjà une grande admiratrice de Romain Gary, qui a également écrit sous le nom d'Émile Ajar, afin de déjouer le jury du prix Goncourt et décrocher ainsi exceptionnellement son deuxième prix du même nom.
«Beaucoup de gens l'adorent pour son approche de la vie. Il parle de sentiments dont on ne parle plus que trop peu: l'honneur, la charité, le don de soi, l'amour total», relève la comédienne, spécialement interpellée par ce rôle de mère.
Deux niveaux
André Melançon mène l'action à deux niveaux. D'abord, la narration est confiée à Patrick Goyette. Puis la succession des scènes est rendue principalement par Andrée Lachapelle (la mère), deux comédiens enfants en alternance, Gabriel Favreau et Aliocha Schneider, ainsi que Maxim Gaudette (Romain Gary adulte). De leur côté, Paul Savoie et Sharon Gaudette se transforment en divers personnages bien campés au gré de l'action.
«Sur une équipe, les comédiens ont tous le même âge. Nous arrivons tous dépourvus devant un texte. On a tous le même stress», insiste Mme Lachapelle, dont le personnage «naïf face à tout, comme une enfant» gagne en vulnérabilité plus la pièce avance, en présence de la maladie.
Amour maternel
«J'ai trois enfants que je n'ai jamais considérés comme m'appartenant. Une mère est là pour donner une force à des enfants, leur permettant de prendre leur envol, avec des valeurs solides. Le côté réussite sociale m'intéresse peu. Je veux que mes enfants vivent heureux», conclut joyeusement Andrée Lachapelle.
La pièce «La Promesse de l'aube» sera présentée, dès 20h, à la Salle André-Mathieu (475, boul. de l'Avenir) les 23 et 24 novembre. Information: 450 667-2040.
PHOTO DIGITALE PromesseAube
(Photo: Courtoisie)