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Le CSSS présente sa façon de gérer les demandes des patients et des intervenants

par Geneviève Fortin
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Article mis en ligne le 14 novembre 2007 à 17:35
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(Photo: Martin Alarie)
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Le CSSS présente sa façon de gérer les demandes des patients et des intervenants
Le directeur général du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval a fait savoir aux commissaires Bouchard et Taylor qu’il ne veut pas de nouvelles balises venant du gouvernement dans la gestion des demandes de personnalisation de soins.
«Nous avons pris le leadership, nous nous sommes donné des balises et une vision pour mieux répondre aux besoins de notre clientèle», a expliqué Luc Lepage, directeur général du CSSS, lors de son passage devant la Commission Bouchard-Taylor, mercredi matin.

Le CSSS a embauché une éthicienne et un comité a été mis sur pied afin d’établir un cadre de référence, un processus décisionnel et le suivi des demandes faites par les usagers et les employés. Marie-Ève Bouthillier a indiqué que les demandes peuvent être réparties en trois catégories: le choix de la langue, le choix du sexe et le respect des rites et coutumes et des fêtes religieuses.

Mme Bouthillier fait la distinction entre les accommodements raisonnables, qui ont une notion juridique, et la personnalisation des soins, qui permet d’établir une relation de confiance entre le soignant et le patient.

Avant de répondre à une demande, le CSSS vérifie qu’elle respecte quatre balises: le respect de la déontologie, les règles de sécurité, la limite des budgets et le respect des droits et libertés des usagers et des intervenants du milieu de la santé. Ces derniers ont également été mieux formés pour développer des habilités à travailler avec les communautés culturelles.

En entrevue, M. Lepage indique que le comité n’avait pas commencé ses travaux au moment où des membres du personnel du CLSC Sainte-Rose avaient accepté qu’un patient juif puisse voir un médecin plus rapidement afin de respecter le shabbat.
Voile au bloc opératoire
Marie-Ève Bouthillier rapporte que l’une des demandes à laquelle le comité a eu à trancher concernait une inhalothérapeute désirant porter le voile au bloc opératoire. Pour des raisons de stérilité, la demande a été refusée, avise Luc Lepage.
Le directeur général indique que ce sont les accouchements qui suscitent le plus de demandes. Des femmes issues de certaines communautés culturelles demandent à voir une femme médecin. La Cité de la santé prévient maintenant les futures mères qu’on tentera de répondre à leur demande, mais qu’il n’y a aucune garantie. Pour ce qui est du reste du personnel hospitalier, aucun compromis n’est possible.
Forum des citoyens
Les attentats du 11 septembre 2001 et la Charte canadienne des droits et libertés seraient responsables des tensions qui se sont installés entre les Québécois et les communautés culturelles.
C’est l’un des constats qu’ont dressés les participants lors du Forum des citoyens qui s’est tenu, mardi soir. Au total, 173 personnes ont assisté à cette soirée de témoignages où 40 personnes ont pris la parole.

Saâd Hamidi d’origine algérienne a demandé à ce que la religion musulmane ne soit pas réduite aux attentats contre les tours jumelles.

Plusieurs participants d’origine arabes, dont certains habitent au Québec depuis plusieurs décennies, disent percevoir des changements dans leurs relations avec les Québécois depuis 2001. Un Libanais ayant immigré en 1985 note que, depuis cette date, il y a un changement de perception face au foulard islamique.

«Où est passé l’esprit de l’Expo 67?» a demandé Aziza Blili, une arabo-musulmane qui a dit ne jamais avoir eu de problème avant 2001. «Les immigrants qui ne sont pas blancs et chrétiens ne sont plus bienvenus», estime celle qui juge que la société québécoise est devenue xénophobe.

Rachid Ababou considère lui aussi qu’à son arrivée en 1985, le Québec était «un décor de respect». Il rapporte qu’aujourd’hui, il se fait régulièrement surnommé «le terroriste», notamment par des collègues de travail.

Parmi les Québécois de souche qui ont pris la parole, plusieurs jugent que la Charte canadienne des droits et libertés est responsable des excès d’accommodement raisonnables. Ils ont déploré le fait que la Charte donne plus de droits aux individus qu’aux collectivités. André Gauthier a argumenté que la Charte avait été élaborée rapidement ce qui laissait des vides que la Cour suprême du Canada doit combler. «On demande aux juges de faire les lois», a-t-il déploré.

Si les participants ne partageaient pas toujours les mêmes points de vue, plusieurs d’entre eux –toute origine confondue -- ont demandé à ce qu’on demeure prudent au sujet de la laïcisation. Un immigrant vivant au Québec depuis une trentaine d’années a souligné qu’il est important de «faire attention aux extrémistes» issus de tous les horizons.

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