Avec ses 25 patrouilleurs, le Club VTT Quad Laval amorcera sa saison dans quelques semaines.
(Photo: Marc-André Ménard)
La saison de VTT sauvée in extremis
L'avenir du club lavallois incertain
À un mois de la saison, les bénévoles du Club VTT Quad Laval peuvent procéder au balisage de leurs sentiers, grâce à une entente conclue mercredi avec la Ville. La survie du Club est assurée à court terme, mais son isolement se dessine sur la carte interrégionale.
Les derniers jours ont été éprouvants pour le président du Club lavallois, André Vigneault. L'amorce d'une négociation avec la municipalité a fait avorter une manifestation au dernier conseil de ville, le 5 novembre. L'espoir ainsi créé s'affaissait devant une réponse négative le 9.
Le noeud du problème: un agriculteur d'Auteuil qui refuse le passage aux quads. «Il faut respecter ça», s'empresse de dire M. Vigneault. Mais le casse-tête qui en résulte est de taille.
Le Club et la Ville se sont finalement entendus sur un autre itinéraire, impliquant un sentier de 200 m sur l'accotement du rang du Haut-Saint-François, à proximité du quartier Val-des-Brises. «On a même suggéré à la Ville de fermer le Club à 22 ou 23 heures», pour sauvegarder la quiétude des résidents, note le président.
Survie
Sans cette entente, qui devrait pouvoir tenir deux ou trois ans, estime M. Vigneault, le Club n'avait d'autres choix que de mettre la clé dans la porte. L'impasse coupait en deux les 45 km de sentiers du secteur est de Laval, alors que la Fédération québécoise des clubs quad exige de ses membres un minimum de 30 km de pistes en continu.
Dans les secteurs Centre et Ouest, les négociations achoppent toujours sur la traverse du chemin de fer du CN, le bois de l'Équerre et le passage au-dessus de l'autoroute 13. Le Club n'avait donc, jusqu'à mercredi, qu'une carte farcie de culs-de-sac à présenter à la Fédération.
Pas de sentiers permanents
Le tracé des sentiers locaux de quad à Laval est «à recommencer à chaque année», dit M. Vigneault. Le développement urbain qui s'étend d'année en année et la réticence des agriculteurs à accorder des droits de passage (voir autre texte) font fondre, comme neige au soleil, le territoire disponible.
Hélène Duval, agente de développement de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et responsable de la Table lavalloise de concertation régionale sur les véhicules hors route (VHR), ne laisse pas entrevoir des lendemains qui chantent pour le véhicule tout terrain (VTT) à Laval.
«Ce n'est pas la volonté, à Laval, d'avoir des circuits permanents», dit-elle. Sur l'île Jésus, la pratique du quad n'est permise qu'en hiver, du 15 décembre au 31 mars, souligne Mme Duval. «Il y a un impact économique important, on ne le nie pas, mais ce n'est pas un enjeu régional.»
Table de concertation
Le consensus s'est dégagé en juin 2005, lors du passage à Laval de la consultation publique sur les véhicules hors route, pilotée par le ministère des Transports (MTQ). C'est dans la foulée de ces consultations que les tables de concertation, à Laval comme ailleurs au Québec, ont vu le jour. Le mandat principal, pour ces instances, est de déterminer un réseau interrégional de sentiers permanents ou semi-permanents pour la motoneige et le quad, qui devront, autant que possible, être praticables à longueur d'année. Le tout dans le respect de la sécurité et de la tranquillité de la population, et en assurant la protection de l'environnement.
Pour la motoneige, la vingtaine de membres de la Table planchent sur un circuit de 26 km, «presque tout en territoire agricole», précise Michel Landry, représentant du Club de motoneige Laval. La piste naît au pont Athanase-David, qui relie Bois-des-Filion à Laval, passe par Auteuil et file à la Marina Bo-Bi-No, à Saint-François, devant Lachenaie. Le sentier à l'étude relie ainsi Laval aux régions des Laurentides et de Lanaudière.
La connexion à deux autres régions est une des conditions imposées par Québec pour la reconnaissance d'un sentier interrégional. Dans l'état actuel des choses, le quad devra se contenter de ses pistes locales, non permanentes, qui traversent la rivière au seul pont Athanase-David.
«On va voir si on peut avoir une exception à Laval», évoque le directeur général de la Fédération québécoise des clubs quad, Gilbert Moreau. Isoler le Club de VTT Quad Laval revient à le priver de l'admissibilité au financement du gouvernement provincial pour des mesures d'atténuation des impacts et l'entretien des sentiers.
(Photo: Marc-André Ménard)