Martin Doyon, président du syndicat des RMU d'Urgences-santé, estime que le taux de détresse de ses membres atteint les 60 %.
(Photo: Jacques Pharand)
Grève possible chez les répondants médicaux d'Urgences-santé
En plus des ambulanciers paramédicaux, Urgences-santé doit fonctionner malgré les moyens de pression de ses répondants médicaux d'urgence, qui viennent de voter à l'unanimité pour un éventuel recours à la grève.
Réunis en assemblée générale, la semaine dernière, les 47 membres du syndicat des répondants médicaux d'urgences (RMU) à l'emploi d'Urgences-santé ont demandé de mettre en place un plan d'action prévoyant des moyens de pression, incluant le recours à la grève.
Sans convention collective depuis 2003, les RMU se plaignent notamment de leur salaire qui, selon leur président, Martin Doyon (SCFP-FTQ), est de 30 % moins élevé que les répondants du 9-1-1, malgré un travail équivalent.
«Les salaires horaires varient de 15,12 $ à 19,82 $ l'heure. Nous n'avons reçu aucune augmentation ni indexation depuis 2003», relate-t-il.
Selon M. Doyon, le manque de personnel est aussi l'un des points litigieux des actuelles négociations.
«Présentement, nous avons 47 membres, parmi lesquels 37 seulement sont actifs, explique-t-il. Selon nos calculs, nous aurions besoin d'au moins une dizaine de répondants supplémentaires, puisque le nombre d'appels augmente à chaque année. En 2004-05, nous avons reçu un total de 331 000 appels, alors qu'en 2006-07, ce nombre a grimpé à 340 000.»
Toujours selon le président, une étude menée par un professeur de l'Université de Montréal révèle que cette situation entraîne une détresse psychologique chez 60 % de ses membres.
Du côté de l'employeur, on croit être en mesure d'en venir à une entente à court ou à moyen terme.
«Huit rencontres sont à l'horaire d'ici au 20 janvier, et on espère que ce sera suffisant pour régler ce litige, estime André Champagne, porte-parole d'Urgences-santé. Ce vote de grève fait partie d'une plume à leur chapeau d'indien. Ça semble surtout être une démarche pour mobiliser leurs troupes.»
«Le fait que ce vote survienne au même moment que les moyens de pression des ambulanciers paramédicaux ne nous complique par vraiment la tâche, poursuit-il. Les moyens qu'ils utilisent n'ont pas d'impact sur la qualité de nos services.»
Grève
Si les RMU devaient aller en grève, celle-ci ne pourrait survenir avant un certain délai.
C'est que la Loi prévoit un avis d'au moins sept jours, et tout doit être approuvé par le Conseil des services essentiels.
D'ici là, d'autres moyens de pression seront toutefois exercés. Depuis quelques jours, les répondants ont d'ailleurs cessé de porter leurs uniformes au travail.
Le salaire des répondants médicaux d'urgences est de 30 % moins élevé que les répondants du 9-1-1, malgré un travail équivalent.
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(Photo: Jacques Pharand)