Nirhan Manoukian éprouve un grand soulagement, maintenant que sa famille et lui sont lavés de tout soupçon.
(Photo: Martin Alarie)
Les Manoukian innocentés
Le calme revient enfin sur la rue Desrochers, dans Laval-des-Rapides, pour le couple faussement accusé de trafic humain, Nirhan Manoukian et Manoushag Saryboyajian.
La famille Manoukian est complètement blanchie. Faute de preuves, la Couronne abandonne toute poursuite, a-t-on appris jeudi. On se rappelle que le témoignage de Sanait Taffesse Manaye avait mené à des accusations d'esclavage, portées en mai dernier par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) contre la famille lavalloise.
«C'est la vérité qui est enfin respectée. Je savais qu'on allait y arriver, mais ça été beaucoup plus long que prévu. J'avais trop mal pour pleurer pendant ce cauchemar de deux ans, mais hier, j'ai pleuré de joie!» révèle Nirhan Manoukian, qui a vu son épouse tomber malade, alors qu'il perdait le sommeil.
La fille aînée de la famille, Arvine, voulait pour sa part s'adresser à leur ex-aide ménagère. «Nous la considérions comme une membre de la famille. On l'aimait et elle nous aimait. Je veux que Sanait se confesse, qu'elle dévoile la vérité. Si ce n'est pas pour nous, que ce soit pour elle devant Dieu.»
Excuses demandées
La famille réclame maintenant des excuses publiques à la Gendarmerie royale du Canada. La GRC est débarquée chez eux en janvier 2006, à la suite d’une plainte déposée par Sanait Taffesse Manaye, 30 ans.
«J'ai jamais rien caché. Dès leur première visite, la GRC a mis la main sur un dossier, où se trouvaient les preuves qu'on avait payé des assurances (vie et maladie) à Sanait. En plus de consulter un avocat pour régulariser sa situation auprès de l'immigration. Est-ce là une façon de traiter une esclave?» raconte Nirhan Manoukian, ajoutant que «une semaine à dix jours après ça, elle recevait son statut de réfugiée»! Ce statut serait le motif premier ayant motivé l'action de la jeune femme d'origine éthiopienne.
GRC blâmée
Cependant, l'histoire reste le résultat d'une enquête bâclée par la GRC, rappelle l'avocat de la famille, Frank Pappas. «Peut-on croire que les agents de la GRC, qui déclaraient que la jeune fille était prisonnière, ne sont même pas allés parler aux voisins? Ils n'ont pas enquêté auprès des amis des quatre enfants. Ils ne sont pas allés au centre commercial. Ce sont les médias qui l'ont fait!»
«Sans compter que les agentes qui ramassaient le linge de la jeune fille en revenaient pas de la qualité de la garde-robe», souligne l'avocat qui a amassé près de 150 témoignages de gens, qui, tous, remettaient en cause les propos de la plaignante.
Une démonstration qui aurait poussé la Couronne à retirer finalement les accusations, au grand soulagement de la famille Manoukian, qui ne devrait plus avoir à subir regards et ragots malveillants.
PHOTO DIGITALE Manoukian
(Photo: Martin Alarie)