Normand de Montigny, président de la CCIL.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Normand de Montigny
La Chambre de commerce commente la hausse du salaire minimum
Le président Normand de Montigny y voit plusieurs effets positifs
«Ambivalent» face à la hausse de 6,25 % du salaire minimum pour le 1er mai 2008, le président de la Chambre de commerce et d’industrie y voit plusieurs effets positifs tout en constatant, cependant, l’impact que risque de provoquer cette mesure sur le commerce de détail, un secteur fortement représenté à Laval où les marges de profit sont assez faibles, reconnaît-il.
«Ça frappe!», lance Normand de Montigny, commentant la plus importante augmentation annoncée depuis 1975, laquelle portera à 8,50 $ le salaire minimum touchant plus de 254 000 travailleurs au Québec. «C’est largement supérieur au taux d’inflation».
Deux façons de voir
Il y a deux façons d’évaluer cette hausse, plaide-t-il. L’approche comptable et l’approche économique dans un spectre plus large.
La première, plutôt défavorable, est celle des employeurs qui auront à subir une augmentation de leur masse salariale, une hausse des coûts d’exploitation qu’ils ne pourront pas systématiquement refiler aux consommateurs.
L’autre approche que favorisent les économistes s’attarde sur les effets positifs de hausser le pouvoir d’achat des travailleurs à faible revenu, explique M. de Montigny. «Cet argent est retourné dans l’économie, plus précisément dans la consommation des besoins de base qui profitera en bout de ligne aux commerces de détail».
Incitatif au travail
Autre avantage non négligeable de cette décision de hausser le salaire minimum, selon le président de la CCIL : un pouvoir d’attraction accru du marché du travail.
«Dans un contexte de pénurie de la main-d’œuvre, une hausse aussi importante est un incitatif au travail qui pourrait avoir pour effet de rééquilibrer les choses», signale-t-il, faisant observer que 140 000 bénéficiaires de la Sécurité du revenu étaient aptes au travail.
«Bientôt, il y aura 30 000 postes à combler à Laval», ne manque-t-il pas de rappeler, évoquant le départ pour la retraite des enfants d’après-guerre jumelé à la création d’emplois. Pas plus tard qu'hier (mercredi), le Conference Board du Canada publiait une étude laissant planer les possibilités d'une pénurie de 292 000 travailleurs d'ici 2025.
Manufacturier
Si l'association des Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) estiment que la décision du ministre du Travail, David Whissell, affectera indirectement la compétitivité des entreprises, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval apporte un bémol.
Pour lui, les employés au salaire minimum dans le secteur manufacturier se font de plus en plus rares dans la conjoncture actuelle où les entreprises éprouvent de la difficulté à trouver du personnel.
Par ailleurs, autant la productivité et la compétitivité sont des facteurs capitaux pour la pérennité de nos entreprises manufacturières, cet enjeu face aux autres provinces canadiennes et aux États américains est inexistant en matière de commerce de détail, termine Normand de Montigny.