Christian Élie, président de Pélican International.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Christian Élie
La région évite les contrecoups de la hausse du dollar
Le défi des employeurs: hausser la productivité
Selon Laval Technopole, l’impact de l’envolée fulgurante du huard canadien sur les emplois a été négligeable au cours de la dernière année.
Pendant que le secteur manufacturier québécois perdait quelques dizaines de milliers d’emplois en 2007, la région passait à travers la crise sans coup férir.
Pourtant, 60 % des 375 entreprises lavalloises actives sur les marchés étrangers exportent exclusivement aux États-Unis, là où l’avantage concurrentiel d’un dollar faible a fondu comme neige au soleil. «Plusieurs de nos sociétés exportatrices se spécialisent dans des produits de niche, ce qui les rend moins vulnérables que celles dont la production de masse repose sur une stratégie de prix», explique Véronique Proulx, directrice de la division Export de Laval Technopole.
Productivité
L’appréciation du dollar n’a pas que des effets néfastes, fait remarquer Pierre Desroches, président de Laval Technopole. La parité avec la devise américaine est une belle occasion d'investir dans la modernisation de ses équipements et d'augmenter ainsi le niveau de productivité et de compétitivité. «Certains ont pu profiter de cette opportunité en devançant leur projet d’investissement», dit-il.
Du côté du fabricant Pélican International, le président Christian Élie ne cache être «extrêmement affecté par le dollar», mais que «la meilleure façon de battre la montée du dollar est d’investir dans la productivité».
Ce à quoi il s’est employé ces dernières années au moyen d’investissements annuels soutenus de 4 à 5 M$ en recherche et développement, en nouveaux produits et en nouveaux équipements. «On est passé de 60 quelque sous à 1,10 $ récemment», rappelle M. Élie qui exporte près de 75 % de sa production aux États-Unis.
Si la hausse du dollar ne l’a pas empêché de créer une trentaine de nouveaux emplois en 2007 et de prévoir en créer une quinzaine d’autres en 2008, l’homme d’affaires reconnaît toutefois un certain essoufflement. «On entend continuer à investir dans la productivité, mais on ira plus prudemment», termine Christian Élie dont l’entreprise a su maintenir au cours des 11 dernières années un rythme de croissance annuelle de 20 %.
Fabricant de petites embarcations de plaisance dont le kayak de mer, Pélican International met au travail 300 personnes qui génèrent 50 M$ de chiffre d’affaires.
Autres solutions
Outre l'amélioration de la sacro-sainte productivité pour contrer la hausse du dollar, Véronique Proulx exhorte les entrepreneurs à diversifier leurs marchés d'exportation, à se doter d'outils de gestion pour mieux contrôler l'impact de la variation des taux de change et à orienter leur production vers de nouveaux produits à forte valeur ajoutée.
Ce n'est pas un hasard si le renforcement de la structure économique au niveau des secteurs de la fabrication et des services à valeur ajoutée figure au plan stratégique de développement régional 2008-2013. Idem pour l’orientation des services aux entreprises vers l’accroissement de la productivité que l’on définit comme la valeur des biens produits pendant une heure de travail. Le chemin est tracé…
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Christian Élie