La préservation et le développement de l'activité agricole à Laval est un axe important du plan stratégique de la CRÉ.
(Photo: Martin Alarie)
L'éco-citoyenneté: de la parole aux actes
Le développement durable figurait dans la vitrine des deux premiers plans stratégiques de la Conférence régionale des élus (CRÉ). Cette fois, la notion d'éco-citoyenneté est au coeur des orientations 2008-2013. Au-delà des mots, Laval est prête pour l'action, clame la CRÉ.
L'éco-citoyen est conscient de son appartenance à l'environnement et de ses responsabilités envers elle. Ce nouveau buzzword était sur les lèvres de plus de 200 décideurs de l'île Jésus, les 1er et 2 novembre derniers, lors de la consultation sur le plan quinquennal de la région de Laval.
80 partenaires
Ce plan, concocté par la CRÉ, tient sur 26 pages et sera bonifié et finalisé en janvier 2008, à l'aide des commentaires recueillis lors de la consultation de novembre. Il est le résultat de 16 rencontres thématiques rassemblant 80 partenaires de tous les champs d'activité de la municipalité.
Transport, consommation, productivité des entreprises, des industries et de l'agriculture, qualité de vie, santé, pauvreté et exclusion, environnement et sources de financement. Tous ces thèmes sont explorés sous l'éclairage du développement responsable, équitable et durable, qui sous-tend l'action éco-citoyenne.
«Ça peut avoir l'air d'un gros bateau amiral, mais ce n'est pas ça», dit Manon Caron, directrice générale de la CRÉ. Les idées et les projets concrets qui prendront forme dans le plan d'action à venir viennent des corporations, des organismes et des institutions du Tout-Laval, explique-t-elle. «Nous, on va aider la région à faire le virage, pour qu'on ne rate pas le coche.»
Les entreprises
Le président du c.a. de Laval Technopole, Pierre Desroches, arrive au même constat que la directrice de la CRÉ. «Toute la collectivité est en train de pousser dans le même sens», observe-t-il.
En 2008, Laval Technopole comptera, parmi ses employés permanents, un conseiller en environnement, qui sera au service des entreprises soutenues par l'organisme. Pour les entreprises qui veulent pousser plus loin, sur le plan du recyclage, du bruit, de la qualité de l'air, par exemple, des ressources sont disponibles. «Si on n'est pas la solution, on peut trouver une solution», résume Pierre Desroches.
Laval Technopole a déjà à son actif la création d'un Enviro-Club, un noyau de 15 entreprises qui ont, grâce à du financement gouvernemental, amélioré leur bilan environnemental en adoptant des technologies ou des façons de faire plus «vertes». L'expérience, réalisée en 2006, pourrait être reproduite dans un avenir rapproché.
Les entreprises à l'affût des nouvelles technologies écologiques ont également la cote au Centre local de développement (CLD). Leur dossier se retrouve sur le dessus de la pile, quant il s'agit d'accorder de l'aide financière, admet le président du Centre, Robert Lefebvre. «On va être de plus en plus vigilants à ce niveau-là.»
Agriculture et espaces verts
La préservation et le développement de l'activité agricole à Laval est un axe important du plan stratégique de la CRÉ. «Il faut faire en sorte que les producteurs agricoles puissent vivre», résume simplement Gilles Lacroix, agriculteur membre du Syndicat de base de l'Union des producteurs agricoles de Laval.
Les difficultés auxquelles font face les entreprises agricoles lavalloises sont nombreuses, note-t-il. Comme ailleurs, les cultures sont tributaires du climat, les prix des produits fluctuent et ne couvrent pas les coûts de production gonflés par le cours du pétrole.
Difficile, dans ce contexte, d'investir dans les technologies vertes, plaide l'agriculteur. Les façons de faire changent, néanmoins. Le compostage et l'utilisation plus ciblée des engrais et des pesticides font désormais partie des habitudes, dit Gilles Lacroix.
«En agriculture, les choses vont lentement», observe-t-il. La mondialisation, elle, fait sentir ses effets à la vitesse grand V. «Avec la multitude des points de vente, comme Loblaws, c'est des cathédrales de produits qui sont offertes aux consommateurs, qui sont tentés d'acheter ailleurs. Le principe du "Acheter chez nous", il ne faut pas que ce soit une formule creuse.»
Autre enjeux de taille: la pérennité de la zone agricole. Malgré la création de la zone agricole permanente 30% du territoire de Laval il y a vingt ans, la pression urbaine se fait sentir. Seulement 47,6% de la superficie des terres agricoles lavalloises sont occupées par les propriétaires, versus 83,5%, à la grandeur du Québec. La porte est ouverte à la spéculation.
Du même coup, ces pressions constituent une menace pour nombre d'espaces naturels, boisés et milieux humides, situés en zone agricole. À cet égard, le directeur du Conseil régional de l'environnement, Guy Garand, n'en démord pas: l'administration Vaillancourt a beau prétendre avoir en main une politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels, celle-ci n'a toujours pas été rendue publique.
En matière de préservation et de gestion des espaces naturels, «il n'y a rien dans ce document [le plan quinquennal de la CRÉ]», estime M. Garand. «J'ai dans mes armoires 35 ans d'histoire d'engagements et de recommandations, et regardez où on en est. On ne fait que des études, pas de gestes concrets.»
Éducation
À la Commission scolaire de Laval, on a justement mis une croix sur l'élaboration d'un nouveau document de référence. «Il aurait été facile d'adopter une politique de développement durable», dit Francine Charbonneau, directrice de la Commission scolaire.
On a plutôt opté pour une orientation, qui teinte la gestion concrète au quotidien. Le profil des fournisseurs est examiné attentivement, et les plus verts sont favorisés. Les écoles sont encouragées à multiplier les projets environnementaux: compostage, plantation d'arbres, «journée sans vidanges».
La Commission scolaire table également sur le programme AVEC (Avenir-viable-école-communauté), mené en partenariat avec Ville de Laval et la CRÉ. Ses formations sur l'éco-citoyenneté débordent du cadre de l'école et aboutiront bientôt dans les entreprises, indique Manon Caron. «On n'est pas dans la philosophie, assure-t-elle. On est vraiment dans le concret.»
(Photo: ferme)
(Photo: Martin Alarie)
Seulement 47,6% de la superficie des terres agricoles lavalloises sont occupées par les propriétaires, versus 83,5%, à la grandeur du Québec