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Enseignants insatisfaits au travail

21% d'entre eux estiment avoir une santé mentale moyenne ou mauvaise

par Hugo Morissette
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Article mis en ligne le 27 janvier 2008 à 6:53
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Enseignants insatisfaits au travail
Le président du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, Michel Trempe. (Photo: Martin Alarie)
Enseignants insatisfaits au travail
21% d'entre eux estiment avoir une santé mentale moyenne ou mauvaise
La moitié des enseignants de Laval affirment être insatisfaits au travail, selon les résultats préliminaires d'une étude menée par une professeure de l'École nationale de l'administration publique.
Ces résultats ont été dévoilés par Nathalie Houlfort, l'instigatrice de l'étude, dans le cadre d'un colloque organisé par le Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, ce jeudi.

Peu surprenantes, les réponses de 250 enseignants qui ont répondu au questionnaire reflètent avec fidélité les revendications des dernières années.

Même si 79% d'entre eux affirment leur engagement envers leur profession, et 78% leur engagement envers les élèves, plus de la moitié disent être insatisfaits au travail.

Toujours selon l'étude, cette insatisfaction serait surtout imputable à la réforme (tous les participants ont d'ailleurs mentionné au moins un aspect négatif de la réforme), au manque de ressources, qui a été mentionné par un peu plus de 70% des répondants, à l'intégration des élèves avec des troubles d'apprentissage, ainsi qu'à l'absence fréquente de la direction.

Par ailleurs, 21% des répondants prétendent avoir une santé mentale moyenne ou mauvaise, comparativement à 8% de la population du Québec (Institut de la statistique du Québec).

«À travers les réponses des enseignants, j'ai remarqué une passion pour la profession, mais aussi une certaine détresse, relate Nathalie Houlfort. Ils mentionnent souvent le trop grand nombre d'élèves par classe, les problèmes de gestion, les élèves réguliers qui sont pénalisés à cause du temps consacré aux cas difficiles, et le manque criant de ressources.»

Mentionnons qu'il ne s'agit que de résultats préliminaires, puisqu'un total de 400 enseignants a répondu au questionnaire. D'autres statistiques seront dévoilées au cours de l'été 2008.
Colloque
Le Syndicat de l'enseignement de la région de Laval n'a pas manqué d'intégrer les résultats préliminaires de l'étude à son colloque annuel, qui se tenait en milieu de semaine à l'école Saint-Maxime, à Chomedey.
Mme Houlfort a même été invitée à animer un atelier sous le thème des impacts de la réforme de l'éducation sur la motivation au travail.

«C'est un atelier qui se prêtait très bien à notre événement, explique Michel Trempe, président du syndicat. Depuis que la réforme est en place, on assiste à une intégration de masse des élèves en difficulté d'apprentissage. Combinée à un manque de ressources, les classes sont devenues ingérables.

«À Laval, c'est particulier, poursuit-il. On constate une politique de fermeture des écoles, par économie, ce qui engendre un manque d'espace. Pour compenser, on doit créer des locaux, ce qui mène souvent à des aberrations. Plusieurs classes, dont certaines de maternelles, n'ont même pas de fenêtres.»

Appelée à réagir aux résultats de l'étude sur la motivation au travail de ses enseignants, la Commission scolaire de Laval (CSDL) s'est abstenue de tout commentaire, pour le moment. «Nous n'avons pas encore pris connaissance de l'étude, car elle ne nous a pas été envoyée», a expliqué Jean-Pierre Archambault, porte-parole de la CSDL.



PHOTO DIGITALE photos.com (#19172855)

(Photo: photos.com)

PHOTO DIGITALE trempe.jpg

(Photo: Martin Alarie)
> Les répondants de l'étude
-250 enseignants

-Âgés entre 23 et 68 ans

-180 femmes et 58 hommes (12 non identifiés)

-186 enseignants réguliers

-60 à statut précaire

-17 au préscolaire

-109 au primaire

-105 au secondaire

-11 en formation professionnelle

-14 en éducation aux adultes

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