Le sol gorgé d'eau a provoqué des refoulements dans des sous-sols du boulevard des Mille-Îles, à Saint-François, dans le secteur de l'île Saint-Joseph.
(Photo: Martin Alarie)
Le niveau des rivières a encore monté
Inondations de sous-sols à Saint-François
En mettant à nu nos rivières, le redoux de janvier a créé des conditions idéales pour la formation de frasil. Le niveau de l'eau entourant l'île Jésus a grimpé, après la chute de neige de vendredi.
«Il y avait un risque que ça dégénère», admet Pierre Corbin, géophysicien à Hydro Météo. La firme de consultants en hydrométéorologie a maintenu aujourd'hui son avertissement de refoulement intense pour la rivière des Mille Îles, à Saint-François, et la rivière des Prairies ouest, à Sainte-Dorothée.
Vis-à-vis Bois-des-Filion, le niveau de l'eau est monté de 70 cm, quelques heures après la chute de neige du 1er février.
Le temps doux des deux derniers jours a résorbé la hausse, en permettant au frasil de se diluer. L'avertissement sera probablement retiré d'ici demain, mentionne M. Corbin.
Inondés
Au sud de l'île, la rivière des Prairies a mieux réagit, explique le spécialiste. Au nord, une demi-douzaine de riverains du boulevard des Mille-Îles, dans le secteur de l'île Saint-Joseph, à Saint-François, ont dû composer avec des infiltrations d'eau au sous-sol.
«Le sol est gorgé d'eau. Le refoulement s'est fait par la nappe phréatique», explique Nathalie Lorrain, porte-parole du Département de police de Laval.
Le court épisode de crue a justifié l'ouverture du Centre de coordination des mesures d'urgences de Laval ce week-end. La période de veille a pris fin lundi.
La mécanique
Au début janvier, le couvert de glace, sur les cours d'eau baignant Laval, est passé de l'ordre de 80% à 40%. C'est dans de grands pans d'eau libre qu'est venue se déposer la neige de vendredi dernier, qui s'est transformée en frasil, à la faveur des températures froides.
«La neige qui tombe dans l'eau ne fond pas et forme des amas de "ouate", illustre M. Corbin. Le refroidissement, engendré par le vent froid, transforme la neige en frasil.»
Ces amas de glace molle bloquent le cours des rivières. D'où le risque de refoulement. «Le frasil s'accumule tant et aussi longtemps que dure le froid», précise le géophysicien.
La mécanique de formation du frasil risque de se remettre en marche, si des conditions similaires se reproduisent, indique-t-il. «On va surveiller les prochaines chutes de neige.»
(Photo: Martin Alarie)