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Mise en garde contre «la tyrannie du trimestre»

Le pdg du Fonds de Solidarité FTQ convient qu'il faille livrer à court terme, mais pas au détriment du long terme

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 24 février 2008 à 7:32
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Mise en garde contre «la tyrannie du trimestre»
Yvon Bolduc, président-directeur général du Fonds de Solidarité FTQ. (Photo: Martin Alarie) Fichier: Yvon Bolduc
Mise en garde contre «la tyrannie du trimestre»
Le pdg du Fonds de Solidarité FTQ convient qu'il faille livrer à court terme, mais pas au détriment du long terme
Le président-directeur général du Fonds de Solidarité FTQ a servi, jeudi, une sérieuse mise en garde aux gens d'affaires, les incitant à se méfier de la «tyrannie du trimestre», une obsession pouvant «être dangereuse pour le développement à long terme d'une entreprise».
S'il concède qu'il faille «livrer le court terme», Yvon Bolduc constate qu'«on a trop perdu de vue le moyen et le long terme». Voilà l'essentiel d'une allocution d'une trentaine de minutes prononcée à la tribune des midis-causeries de la Chambre de commerce et d'industrie de Laval.
Transconinental cité en exemple
Le conférencier étaye sa thèse selon laquelle une stratégie à long terme est toujours payante, en évoquant le parcours historique du Groupe Transcontinental.
Du temps qu'il y travaillait comme avocat, l'entreprise, qui était alors spécialisée dans l'impression de circulaires, opta pour diversifier ses activités à la faveur de l'impression commerciale, et ce, malgré le coût et l'impact à la baisse que cette décision aurait à brève échéance sur les profits. «Transcontinental en avait légèrement souffert à court terme», rappelle-t-il, soulignant en revanche que Transcontinental ne serait jamais devenu l'empire qu'il est aujourd'hui si le président Rémi Marcoux n'avait pas eu le courage de ses ambitions.
Capital patient
Avec un actif net dépassant 7,4 G$, le Fonds est au centre du financement privé au Québec, insiste Yvon Bolduc. «On est devenu un joueur incontournable sur le marché du capital de risque et de développement, alors que nous réalisons à nous seuls près du tiers des investissements dans ces secteurs-là». Il en donne pour preuve les 2,5 milliards investis dans l'économie depuis 2003.

La taille du Fonds de solidarité FTQ est d'ailleurs un atout majeur qui lui permet de «se distinguer de la concurrence», du fait qu'il peut offrir du «capital patient» à ses partenaires, une denrée «de plus en plus rare de nos jours dans le monde de la finance».

«Pour avoir un succès durable en affaires, ça prend de la persévérance et pour être persévérant, par définition, ça prend du temps. C'est pour ça que le capital doit être patient».
Biotech
Cette approche pratiquée par le Fonds sert merveilleusement le secteur des biotechnologies, cette nouvelle économie du savoir dont le cœur de l'industrie bat ici même à Laval dans la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine.
«Depuis dix ans, on a investi des centaines de millions dans ce secteur de pointe et nous soutenons présentement plus d'une cinquantaine de compagnies en sciences de la vie dont 18 sont cotées à la Bourse», souligne M. Bolduc. Parmi celles-ci, soulignons les biotechs lavalloises LAB Recherche (13 M$), Labopharm (12 M$), ViroChem Pharma (11 M$), BioSyntech (4 M$) et Innodia (1,7 M$). En foi de quoi, le Fonds «n'investit pas juste dans des canards», précise son pdg pour nuancer sa réputation d'investisseur de dernier recours. Incidemment, les entreprises en redressement comptent pour moins de 5% de l'ensemble du portefeuille du Fonds FTQ.
Patient et payant!
L'avantage du capital patient, poursuit le principal intéressé, c'est qu'il permet au Fonds de rester dans les entreprises qui traversent des périodes plus difficiles, c'est-à-dire lorsque les entrepreneurs en ont vraiment besoin.
«Notre capital est peut-être patient, mais il est payant aussi», assure le patron du Fonds. Il est profitable autant pour les actionnaires que pour le développement économique du Québec. L'année dernière, le Fonds a généré un bénéfice net de 475 M$.

Une récente étude menée par SECOR révèle que les entreprises dans lesquelles le Fonds a investi voient croître leur niveau d'emploi de 31% comparativement à 23% pour les autres. Ces entreprises triées sur le volet exportent trois fois plus que la moyenne canadienne et consacrent en recherche et développement près de quatre fois les budgets de leurs concurrentes, en remet Yvon Bolduc.
Les régions
Par ailleurs, au Fonds, on se targue d'investir massivement en région grâce à son réseau de fonds régionaux et du réseau de SOLIDE.
Tant et si bien que près de 60% des investissements totaux sont faits à l'extérieur de l'île de Montréal. Aux fins de comparaison, on précise que les investissements de l'industrie du capital de risque pour l'ensemble du pays se concentrent à 80% dans les grands centres urbains.

Au-delà de l'apport en capital, le programme de formation économique institué en entreprise contribue à maintenir la pérennité des sociétés partenaires. Un moyen efficace de transformer «une culture d'opération en une culture d'innovation», ce qui rend les entreprises plus compétitives.
Tous y gagnent
Citant une autre étude de SECOR, Yvon Bolduc insiste pour dire que les gouvernements récupèrent rapidement la valeur des crédits d'impôts accordés à ses actionnaires. Concrètement, le gouvernement fédéral récupère son investissement en moins de trois ans, alors que Québec le fait à l'intérieur de deux ans.
Plus méconnu que le rôle économique exercé au Québec, le Fonds prend au sérieux son rôle social qui se traduit par l'importance d'inculquer de bonnes habitudes d'épargne aux Québécois en vue de leur retraite. «Pour 200 000 de nos actionnaires, le REER du Fonds est le seul qu'ils possèdent»,

Enfin, avec plus de 575 000 actionnaires, le Fonds de solidarité FTQ se définit comme la plus grande compagnie au Canada en termes d'actionnariat direct.

(Photo: Martin Alarie)

Fichier: Yvon Bolduc

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