Les enseignants présentent leurs doléances
Conseil des commissaires
Augmentation des heures de spécialités au préscolaire, intégration massive des élèves en difficulté d'apprentissage, manque de classe d'accueil, les membres du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval (SERL) avaient plusieurs doléances à présenter aux commissaires, lors de la séance de février.
Après avoir déposé un plaidoyer pour une augmentation des heures de spécialités au préscolaire, l'an dernier, la première vice-présidente du SERL a redéposé le document. Chantal Crochetière a rappelé qu'une pétition de 5000 signatures appuyant cette demande avait été déposée à ce moment. Les enseignants demandent à la Commission scolaire de Laval (CSDL) d'augmenter de 60 minutes, par cycle de cinq jours, le temps alloué à des spécialités, à l'intérieur de l'horaire régulier des élèves du préscolaire. Selon leurs calculs, cette demande coûterait 430 800$ à la CSDL.
Le vice-président de la CSDL, Jacques Bussière, qui présidait la séance, indique que les commissaires avaient débattu de la question au moment de l'élaboration du budget 2007-2008. Puisque le SERL a redéposé son mémoire, il fait savoir qu'ils rediscuteront de cette proposition pour le prochain budget.
Au cours de son allocution, Mme Crochetière a également déploré la décision de la CSDL de ne pas ouvrir de classes d'accueil pour les nouveaux arrivants du préscolaire. Selon elle, l'augmentation de l'immigration dans la région justifierait de reconsidérer cette décision. Elle a fait remarquer que dans certains quartiers, des classes du préscolaire sont composées de plus de la moitié d'élèves allophones. «Le SERL considère que le seul service de francisation est insuffisant», a-t-elle fait savoir.
M. Bussière constate lui aussi que la démographie de Laval a changé, il estime d'ailleurs que la Commission scolaire devra revoir cette décision à la lumière de cette nouvelle réalité. «Nous n'avons pas fermé la porte à sa demande», rapporte-t-il.
Intégration
Claudine Lefebvre, responsable du dossier de l'adaptation scolaire, a quant à elle fait remarquer aux commissaires que les enseignants sont épuisés, et que cela a un lien direct avec «l'intégration massive des élèves handicapés, en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation».
Les enseignants se sentiraient impuissant à faire réussir tous leurs élèves dans le contexte actuel. Ils déplorent l'insuffisance de soutien en classe.
«Facilite-t-on les apprentissages de l'élève lorsqu'il est de niveau académique de 1ère ou 2e année et qu'il se retrouve en 4e année?» a demandé Mme Lefebvre.
L'enseignante a donné un exemple concret d'intégration qu'elle juge questionnable. Elle rapporte qu'une classe de 3e année compte six élèves en difficulté d'apprentissage, deux élèves en trouble du comportement, deux élèves dysphasiques et un élève ayant un syndrome de Gilles de La Tourette.
Interrogé sur ce dossier, M. Bussière réitère que le conseil des commissaires croit à l'intégration. «Selon nous, ça fonctionne bien. L'intégration se fait avec du support et de l'appui», dit-il en ajoutant que le but est de favoriser le cheminement de l'élève et non d'épuiser le personnel.
Le vice-président affirme que l'évolution de la situation est constamment évaluée. «Si l'enfant n'évolue pas, ça ne donne rien», précise-t-il en rappelant que c'est l'enseignant qui doit donner le signal d'alarme puisqu'il est en première ligne.
«Facilite-t-on les apprentissages de l'élève lorsqu'il est de niveau académique de 1ère ou 2e année et qu'il se retrouve en 4e année?»
-- Claudine Lefebvre, SERL.