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Briser le cycle de la violence

par Alexandra Roy
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Article mis en ligne le 3 mars 2008 à 11:09
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Briser le cycle de la violence
Robert Cormier, directeur du CHOC, estime qu'il faut briser le cycle de la violence avant qu'il ne soit trop tard. (Photo:Martin Alarie) Hommecontrejour.jpg
Briser le cycle de la violence
Jean se définit comme un gros nounours. Un être sensible, à l'écoute des besoins des autres. Pourtant, si on lui avait demandé de se définir quelques années plus tôt, il y a de fortes chances qu'il nous ait envoyé paître. La raison? Jean était aux prises avec des comportements violents qui le tenaient prisonnier de ce qu'on lui avait appris dans sa jeunesse.
De quatre ans jusqu’à l’âge de 15 ans, Jean a été battu, dénigré et maltraité par sa mère. Plus tard, sans même se questionner sur le sens de ses gestes, il s'est mis à répéter systématiquement ce que sa mère lui avait appris. Sur ses conjointes d’abord, puis sur son enfant.

«À l’âge de 15 ans je suis devenu rebelle et j’ai remis à tout le monde ce que ma mère m’avait fait vivre, raconte-t-il. Beaucoup de violence physique, mais aussi, beaucoup de violence psychologique. En rabaissant les autres, je ne sentais pas mon incapacité à dealer avec le monde. Ce n’était pas important que tu sois une femme ou que tu sois plus petit, l’important c’était que je gagne sur toi. Je t’attaquais jusqu’à ce que je ne t’entende plus, jusqu’à ce que je t’aie vraiment écrasé et que tu sois en larmes. A ce moment là, tu n’étais plus une menace et j’avais gagné.»
Demander de l’aide
Un beau jour, Jean est au bout du rouleau. Il décide de demander de l’aide. Or, les organismes qui viennent en aide aux hommes qui veulent modifier leurs comportements violents se font plutôt rares. Par exemple, à Laval, il n’en existe qu’un. Depuis 22 ans, CHOC (Carrefour d’hommes en changement) intervient en prévention de la violence conjugale, particulièrement chez les hommes.
«Les préjugés tenus à l'encontre des hommes freinent le déploiement de services qui pourraient s'adresser à eux. Beaucoup de gens croient que les hommes ne consultent pas, indique Robert Cormier, directeur général de l'organisme. Or, dans les faits, ils consultent. Ce qu'on constate par ailleurs, c'est que la demande d'aide n'est pas très valorisée par la société. Si on n'intervient pas auprès des hommes, on n'intervient pas à solutionner le problème.»

Chaque année, plus de 100 hommes aux prises avec des comportements violents frappent aux portes de CHOC. «On veut que les hommes comprennent qu’ils peuvent trouver de l’aide ici. Dès que le gars appelle, il n’est jamais laissé à lui-même. On offre un soutien téléphonique, une réponse humaine. Un appel n’engage à rien, mais c’est déjà un premier pas», lance-t-il.

M. Cormier estime qu’il faut briser le cycle de la violence avant qu’il ne soit trop tard. «La violence est un cycle. La courbe de croissance s'accentue en gestes et en comportements violents, à mesure qu’elle gravit les étapes de l’escalade de la violence. Éventuellement, cela peut mener au suicide», explique-t-il. Selon les statistiques de l’organisme, 60% des hommes qui les consultent ont déjà pensé à se suicider.

«La première étape, c’est de s’arrêter pour réfléchir. Juste apprendre à vivre avec nos émotions, c’est beaucoup de travail sur nous-mêmes. Avant, je ne suis même pas sûr que je savais c’était quoi l’amour. Tout ce qui comptait pour moi, c’était de gagner. Maintenant, après avoir suivi une thérapie, je sais ce que c’est d’être heureux. Il n’y a pas une journée qui passe sans que moi et mon fils, on se dise qu’on s’aime. J’ai appris à faire parler mon cœur ici», confie Jean.
Les hommes qui désirent modifier leurs comportements violents peuvent appeler les intervenants du CHOC au 450 975-CHOC.

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