L'éducation en anglais fait jaser
La Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier fait campagne
Depuis 2006, la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier (CSWL) fait campagne afin d'informer les parents francophones de l'admissibilité de leur enfant à l'école publique anglaise avec le slogan Moi, j'apprends in english. Voilà toutefois qu'un quotidien montréalais causait tout un émoi la semaine dernière affirmant que la CSWL vante sa ligne téléphonique utilisée comme moyen d'information pour les parents souhaitant en savoir plus à ce sujet.
«Ça n'a rien d'une hotline, c'est simplement un numéro 1-800 où tous peuvent nous joindre pour avoir plus d'information sur l'admissibilité de leur enfant», explique Maxeen Jolin, coordonnatrice du service des communications à la CSWL. Bien que le cas le plus facile d'admissibilité d'un enfant découle de la réalité où un des deux parents a fait ses études à une école anglaise, certains cas sont plus complexes. «Comme notre territoire est très étendu, cette ligne permet à tous de nous joindre sans problème afin de savoir si leur enfant peut s'inscrire chez nous. Cette ligne permet vraiment de traiter du cas par cas», soutient Mme Jolin.
Les parents téléphonant à la ligne 1-800 sont ainsi informés par une employée de la CSWL connaissant les critères d'admissibilité de la Charte de la langue française.
La CSWL couvre les territoires de Laval, les Laurentides et Lanaudière. La campagne publicitaire, débutée en 2006, se traduisait alors par la distribution de dépliants dans seulement deux écoles francophones des Laurentides. «Nous avons reçu plusieurs bons commentaires et avons ensuite décidé de faire des annonces dans les journaux pour les inscriptions sur l'ensemble de notre territoire», confie Maxeen Jolin, ajoutant que le but premier de cette publicité est d'informer les gens sur la période d'inscription.
Détourner la loi?
Ce qui inquiète le plus de cette campagne est de savoir si la CSWL détourne la loi 104, voulant qu'un élève ne puisse pas devenir admissible à l'école publique anglaise après avoir fréquenté pendant un an une école privée anglophone non subventionnée.
«Il n'y a pas de trou dans la loi et on ne cherche pas à la contourner», assure toutefois Mme Jolin. La CSWL aurait d'ailleurs refusé de s'engager dans une bataille en Cours suprême afin de détourner cette loi, contrairement à neuf commissions membres de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ).
Du côté de la Commission scolaire de Laval (CSDL), cette campagne publicitaire n'a eu aucun impact sur son achalandage. «C'est l'ACSAQ qui fait la promotion de ce gendre de publicité, pas seulement la CSWL», admet la présidente de la CSDL, Francine Charbonneau. Elle assure du même souffle que cette campagne de la CSWL n'est certes pas effectuée dans le but de voler des élèves à la CSDL. «Plusieurs commissions scolaires anglophones souffrent d'une baisse de la clientèle, mais ce n'est pas la réalité de la CSWL, qui est plutôt à la recherche d'espace», affirme Mme Charbonneau.
Un slogan accrocheur
Avec une formule comme Moi, j'apprends in english, la CSWL savait qu'elle allait accrocher l'œil des lecteurs. «Dans les journaux, nous n'avions qu'un quart de page, il nous fallait donc un élément qui allait attirer l'attention», confie Maxeen Jolin, expliquant le pourquoi d'un tel slogan. Elle assure également que la CSWL a attendu de recevoir l'accord de l'Office québécois de la langue française (OQLF) avant de diffuser le slogan. «Je ne dis pas que l'OQLF a sauté de joie à l'idée de notre slogan, mais nous avons quand même reçu leur OK », déclare Mme Jolin.
De son côté, Francine Charbonneau avoue qu'il n'y a jamais eu de débat sur la loi 101 à Laval. «La francisation a toujours été très claire et tous doivent être francisés », confie Mme Charbonneau.
La couverture médiatique de la campagne de la CSWL a, par ailleurs, fait augmenter les demandes d'inscriptions et d'information. «Ce que nous voulons, c'est faire connaître nos écoles. Certains parents en régions ne savent pas qu'il existe des écoles anglophones proches de chez eux», conclut Maxeen Jolin, ajoutant qu'une hausse de l'achalandage est prévu dans les écoles de la CSWL jusqu'en 2017.