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Un sursis de deux ans pour le CQIB

Développement économique Canada cessera son financement au printemps 2010

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 13 avril 2008 à 3:36
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Un sursis de deux ans pour le CQIB
Normand de Montigny, directeur général du Centre québécois d’innovation en biotechnologie . (Photo: Martin Alarie) Fichier: Normand deMontigny
Un sursis de deux ans pour le CQIB
Développement économique Canada cessera son financement au printemps 2010
Le Centre québécois d’innovation en biotechnologie a beau afficher à 56% le plus haut taux d’autofinancement de tous les incubateurs d’entreprises au Québec, la pépinière lavalloise de biotechs se verra couper les vivres par Développement économique Canada (DEC) dès le printemps 2010.
«La politique s’applique à tout le monde», explique le directeur général du CQIB, Normand de Montigny, en entrevue au Courrier Laval.

Dans les circonstances, l’incubateur lavallois ne s’en tire pas trop mal, puisque contrairement à la plupart des autres organismes québécois à but non lucratif auxquels le fédéral a déjà "tiré la plogue", le CQIB profite d’un sursis de deux ans.

«Seuls les OBNL jugés essentiels et ayant présenté un plan crédible de remplacement de contribution du DEC pouvaient se qualifier pour un retrait progressif du financement en provenance du fédéral», précise M. de Montigny.
Manque à gagner important
La période transitoire de 24 mois implique cette année un manque à gagner représentant le tiers du montant que le CQIB avait l’habitude de percevoir d’Ottawa, alors qu’en 2009-2010 on retranchera un deuxième tiers. Rappelons que l’apport de l’agence fédérale représentait, l’an dernier, environ 20% de ses coûts d’opération.
S’il reconnaît qu’il s’agisse d’un «choc important» à encaisser, Normand de Montigny assure que l’organisme «n’est pas au bout de ses ressources» et que sa «situation financière saine et solide» permet d’aborder le virage sans compromettre son avenir.

On prévoit en partie colmater la brèche à même les revenus autogénérés dont la croissance annuelle moyenne est de l’ordre de 20% depuis les quatre dernières années, mais également à l’aide de nouveaux partenariats financiers institutionnels et privés.

La sollicitation de ces nouveaux appuis sera d’autant plus cruciale que le Centre québécois d’innovation en biotechnologie entame sa 4e phase de développement, le plan 2008-2010 prévoyant entre autres offrir des services d’incubation d’entreprises sur le site de Technopôle Angus à Montréal.
Ailleurs dans le monde
Président du réseau Incubaction, le regroupement québécois des incubateurs, Normand de Montigny refuse toutefois de se résigner à l’idée qu’Ottawa se retire définitivement du financement de ces pépinières d’entreprises.
«Ailleurs dans le monde et même aux États-Unis, les gouvernements appuient à long terme et de façon constante leurs incubateurs d’entreprises, explique-t-il. En matière de politique de développement économique, les exercices de benchmarking révèlent que les pouvoirs publics financent les incubateurs à hauteur de 60% et 70% et encore davantage en France».

Il affirme qu’il poursuivra les discussions avec Ottawa afin de trouver pour les années à venir une nouvelle façon de soutenir financièrement la création d’entreprises dans les secteurs émergents de la nouvelle économie.

Dans la même foulée, ses partenaires et lui négocient actuellement avec le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec (MDEIE) la mise en place d’un programme de financement à long terme dans le cadre de la stratégie d’innovation lancée par le gouvernement Charest à la fin 2006.

À la différence près que Québec, un partenaire fondateur du CQIB, a reconduit cette année sa contribution financière annuelle de 400 000 $ pour les deux prochaines années.

(Photo: Martin Alarie)

Fichier: Normand deMontigny

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