(Première rangée) Louis-Michel, Simon, Jason, Jennifer, Sabrina, Danny, (deuxième rangée) Sabrina et Jacynthe sont les huit jeunes décrocheurs qui ont retrouvé leur motivation et leur confiance par le biais d'un programme de 24 semaines proposé par l'organisme Diapason Jeunesse. (Photo: Martin Alarie)
Place aux décrocheurs allumés
Parce que raccrocher se fait de multiples façons
Il y avait de la fébrilité dans l'air le 28 mars à Diapason Jeunesse, cet organisme venant en aide aux décrocheurs, où huit jeunes terminaient un parcours de 24 semaines les menant vers un retour à l'école ou sur le marché du travail.
Attablés autour d'une grande table, ces jeunes âgés de 15 à 17 ans en avaient long à dire sur leur parcours et le système scolaire. Avec Diapason Jeunesse, ils ont appris à mieux se connaître et à retrouver une motivation pour les études ou le travail. Et ils sont formels sur un point: «L'école c'est important!» clament-ils chacun à leur tour.
«Nous sommes certainement plus conscients de l'importance de l'école que ceux qui n'ont pas décroché et qui réussissent sans jamais avoir de problème», affirme avec conviction Louis-Michel, un adolescent qui, avec le parcours de développement des habiletés de l'organisme, à suivi un stage de deux mois comme patrouilleur au Parc de la nature de Laval.
Et les projets ne manquent pas chez ce groupe, dont plusieurs ont trouvé le métier qu'ils souhaitent prochainement apprendre. De designer d'intérieur à mécanicien de véhicules légers en passant par infirmière, préposée aux bénéficiaires, couvreurs et opérateur de machinerie lourde, ces jeunes ont tous découvert ces carrières par le biais de stages et d'ateliers proposés par Diapason jeunesse.
L'école de leur rêve
En plus de voir le nombre d'intervenants augmenter dans les écoles, les jeunes souhaitent, entre autres, voir le seuil de réussite passé de 60% à 50%, avoir des cours moins longs et dont le temps de théorie serait partagé avec des exercices pratiques les faisant bouger et recevoir des encouragements et des mentions selon l'effort et non les bons résultats scolaires. Et, comme la réduction du nombre d'élèves par classe semble difficile, certains ont même proposé l'ajout d'un deuxième professeur par groupe. «Souvent, quand on a de la difficulté, les profs n'essaient même plus de nous aider, sinon ça retarde le groupe», confie Jason.
Quant aux classes de comportement particulier (CP), les jeunes qui s'y retrouvent sont souvent catalogués comme des jeunes à problèmes. «En CP, les jeunes motivés sont démotivés par ceux qui sont déjà démotivés», explique Jennifer. Elle avoue même avoir été cataloguée comme étant une fille violente, dès le primaire, en raison d'une petite chamaille avec d'autres élèves. «Après ça, tu es pris avec une réputation qui te suit tout le temps», ajoute-t-elle la voix empreinte de maturité.
C'est d'ailleurs au primaire que les problèmes ont débuté pour plusieurs. Le hic vient toutefois de la réalité des enfants de ce niveau scolaire, peu enclin à se confier à des personnes-ressources en raison de leur jeune âge. Les difficultés d'apprentissage font ainsi boule-de-neige jusqu'au secondaire où la motivation et la confiance en soi sont perdues.
Retrouver un sens à sa vie
C'est l'encadrement rigoureux, la proximité du groupe et le parcours proposé par l'organisme qui a poussé les huit jeunes à tenir bon pendant 24 semaines. «Ici on se sent comme une famille et on voit que les intervenants ne viennent pas juste ici pour leur paye, mais pour nous aider», avoue Danny. Pour eux, c'est un peu Diapason Jeunesse l'école de leur rêve.
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