L'utilisation d'une pompe à combustion à l'intérieur peut causer une intoxication. Certaines pompes utilisées par les pompiers sont électriques (notre photo).
(Photo: Martin Alarie)
Après l'inondation, le grand nettoyage
Des riverains lavallois auront à faire un grand ménage printanier bien malgré eux. Après le passage de l'eau, certaines précautions doivent être prises, afin d'éviter des impacts potentiels sur la santé.
Les risques pour la santé, lors d'une inondation, sont notamment liés à la contamination de l'eau potable et à l'utilisation de pompes à combustion à l'intérieur, qui peut causer une intoxication au monoxyde de carbone. Mais l'ennemi numéro un à abattre est la moisissure.
Champignons nocifs
Pour nous, [les moisissures], c'est l'élément principal, car c'est le genre de chose qu'on risque le plus de voir», indique Claude Prévost, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de Laval.
La présence de ces champignons microscopiques peut causer deux types de réaction, explique le médecin. L'irritation des yeux, du nez et de la gorge, l'écoulement nasal, la congestion des sinus, des symptômes s'apparentant à des rhumes ou l'augmentation de la fréquence des crises d'asthme sont des réactions assimilables à une allergie. On peut également observer des symptômes d'intoxication.
La moisissure apparaît en général sur les surfaces poreuses: meubles, placoplâtre, bois aggloméré, laine isolante, etc. «Il faut agir assez vite. On ne peut pas attendre deux ou trois semaines», insiste M. Prévost.
La somme de travail à réaliser dans un court laps de temps incite souvent les gens à solliciter les services d'une firme spécialisée, admet-il. Les trois principes à suivre: nettoyer, désinfecter et assécher.
Les plafonds et les murs (jusqu'à 50 centimètres au-dessus du niveau atteint par l'eau) doivent être nettoyés méthodiquement. Les surfaces sous les plinthes et sous le plancher peuvent requérir un nettoyage.
Eau contaminée
En fait, il faut laver tous les objets ayant été en contact avec l'eau d'inondation. «Toute l'eau d'inondation doit être considérée comme contaminée, souligne Claude Prévost, peu importe s'il y a eu ou non refoulement d'égout.»
Les sinistrés doivent aussi se méfier de l'eau potable. Une contamination microbiologique de l'eau est possible, si l'eau d'inondation s'infiltre dans la tuyauterie. Le risque existe, même pour les résidences connectées à l'aqueduc municipal. Avant de consommer l'eau, il faut s'assurer, auprès de la municipalité, qu'elle ne constitue pas un danger pour la santé.
Quant aux propriétaires d'un puits privé, «si la tête du puits est sous l'eau, il y a danger, prévient M. Prévost. Mieux vaut ne pas y toucher.»
Contamination à l'huile
Autre risque: les appareils de chauffage. «Avec les appareils qui fonctionnent à l'huile, une fuite peut être causée par l'inondation», explique le médecin. Des joints déjà corrodés peuvent ne pas résister à l'entrée de l'eau. Dans les cas extrêmes, la force de l'eau peut renverser un réservoir d'huile.
Règle générale, «on évite de garder des produits dangereux comme de l'engrais chimique ou de l'essence dans les zones susceptibles d'être inondées».
«Il faut agir assez vite. On ne peut pas attendre deux ou trois semaines.»
― Claude Prévost, médecin-conseil
(Photo: pompe)
(Photo: Martin Alarie)